Qu’un âne refuse d’avancer, même sous les coups de bâton, c’est normal. Mais qu’il se mette à parler, surtout dans la Bible, c’est vraiment extraordinaire !
C’est pourtant ce qui arrive dans le livre des Nombres, chapitres 22 à 24. Ce livre nous raconte une histoire curieuse : celle du roi de Moab, Balaq qui demande à un prophète païen, Balaam, de maudire Israël. Balaam est attentif à l’Esprit qui parle à son cœur et cet Esprit l’envoie combler le peuple choisi de bénédictions. Plus fort encore, Balaam prophétise la venue d’un Sauveur, descendant de Jacob.
Ce Sauveur, c’est Jésus qui est venu sur la terre, nous faire connaître le Père et nous combler lui aussi de ses bénédictions. C’est ce qu’il va proclamer tout au long de sa prédication en Palestine.
Nous le voyons aujourd’hui enseigner dans le temple. Sans doute, les apôtres et la foule qui l’entourent sont attentifs à cette parole qui vient apporter le bonheur aux pauvres et aux malheureux. Ils doivent être agacés quand des pharisiens viennent interrompre Jésus pour lui poser cette question :"Par quelle autorité fais-tu cela ?" Ils auraient mieux fait, eux aussi, d’écouter Jésus et de chercher ce que ses paroles pouvaient changer en eux.
En ce temps de l’Avent, l’Eglise nous invite à mieux écouter cette Parole de Dieu, à nous convertir, à former une sorte de "crèche" dans notre cœur, capable d’accueillir le Sauveur.
Nous sommes déjà au milieu de ce temps de l’Avent. Peut-être pouvons-nous constater les progrès accomplis dans notre prière, dans nos relations avec les autres, dans notre travail, dans les services que nous avons rendus. De tout cela, nous rendons grâce à Dieu.
Si nous n’avons pas fait grand-chose jusqu’ici, il n’est pas trop tard pour commencer, pour accueillir en nous cette Parole mais surtout pour en vivre chaque jour. Parce que c’est l’Avent, je ne peux renvoyer durement ce mendiant qui frappe à ma porte, je ne peux détourner l’argent qui ne m’appartient pas, vivre dans le mensonge, laisser aller ma colère sur ma femme ou mes enfants, garder de la haine contre mon frère ou ma sœur.
Comme pour Balaam, L’esprit de Dieu me parle dans ma conscience, dans les événements, dans les rencontres, dans mon travail, pour que je vive davantage de la présence de Dieu en moi et autour de moi.
Chaque jour de cette semaine, je peux par exemple choisir une personne à laquelle je penserai davantage, pour laquelle je prierai spécialement, que je pourrai aider par mon exemple et mes conseils. Alors, le jour de Noël, j’offrirai joyeusement les efforts accomplis par amour, et ainsi, je pourrai mieux accueillir celui qui vient apporter le bonheur à tous les hommes de bonne volonté.