« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales ni bâton. »
Cette consigne que Jésus-Christ donnait à ses apôtres hier, il nous la donne aujourd’hui, à nous qui répondons au nom de clerc et de chrétiens. Clerc pour le fait que nous sommes les premiers responsables de l’évangélisation ; et chrétien pour le fait que c’est le baptême qui nous envoie porter le message évangélique.
Le dépouillement dont il est question est total ; en témoignent les précisions données par Saint Matthieu : « ni sac, ni tunique, ni… ». Mais ce qui vaut pour le temps de Jésus-Christ, vaut-il encore pour nous, aujourd’hui, à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Si le dépouillement dont il s’agit doit être observé à la lettre, comment pourrons-nous répondre aux exigences de l’espace et du temps ?
Sans avoir les éléments de réponse adéquate à ces interrogations normales, nous réalisons que dépouillement et détachement ne doivent pas aller l’un sans l’autre pour l’accomplissement de ce ministère ! De fait, le dépouillement n’aura de sens et de valeur que dans le détachement, de sorte que notre sécurité dépende uniquement de Dieu et non de nous-mêmes. C’est le Seigneur qui nous apprend ainsi à marcher comme il l’a fait hier avec Israël dès son enfance ainsi que nous l’avons lu dans la première lecture.
Puissions-nous accepter de nous mettre à l’école du Christ qui demeure le seul à être en mesure de nous garantir la sécurité de nos vies. C’est lui qui nous embauche. Laissons-lui le gouvernail de nos êtres.
Père Anges Mathieu AMONLO