1re lecture : Gn 44, 18-21.23b-29 ; 45,1-5 21 ; Evangile : Mt 10, 7-15
Jésus le demande : « sur votre route », la nôtre, c’est-à-dire celle des vacances ou celle de nos quotidiens, « proclamez que le Royaume des cieux est tout proche ». Comme les premiers disciples avant nous, nous sommes envoyés par Jésus. Mais cela ne va pas sans peine. Il y a beaucoup à dire et beaucoup à faire. D’abord, il y a une annonce. Sur ce point, Jésus est sans doute trop flou. « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche ». Le Royaume est parmi nous, il est déjà là. Nous n’annonçons pas un événement à venir mais un fait accompli. La question est comment l’annoncer ?
Il continue : « guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons ». Voici que Jésus devient plus explicite… sans doute un peu trop. Commençons par annoncer le Royaume, alors nos yeux s’ouvriront sur la présence des malades, des morts et des lépreux dont le Seigneur attend que nous nous occupions. Ils sont dits malades ou morts en rapport au Royaume que nous annonçons et ces guérisons sont possibles parce que le Royaume s’est fait proche. Quelles soient physiques ou non, les morts que nous avons à vaincre sont liées à notre annonce de l’évangile.
La synthèse de l’annonce et des guérisons que les disciples ont à accomplir tient en une maxime : « vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ». Là est l’essentiel. Les apôtres vont de ville en ville, Jésus demande qu’ils soient pris en charge : « car le travailleur mérite sa nourriture ». Il est clair qu’on n’achète pas la prédication par l’hébergement et que les apôtres n’exigent pas leur nourriture comme un ouvrier réclamerait un salaire. Il s’agit d’un échange mutuellement gratuit. Là est une belle manifestation du Royaume, car il est question de la dignité des hommes. Il y a une dignité de la maison qui s’ouvre à l’évangile, une dignité à être ami de la paix, à recevoir la Bonne Nouvelle et à héberger les disciples de Jésus-Christ. Il y a aussi une dignité à transmettre l’évangile et la paix qui vient de Dieu. Ainsi cet échange est-il vraiment gratuit, parce qu’on n’envisage pas l’égalité des dons échangés, ce n’est ni une rémunération ni un troc, pas même un échange de bons procédés. Il s’agit d’un style de vie : chacun manifeste sa dignité d’enfant de Dieu en donnant sans rien attendre en retour, en donnant gratuitement comme on a soi-même reçu gratuitement, en manifestant par un échange fraternel la gratuité qui fait vivre.
Père Janvier AZONHAHIN