1re lecture : 1Jean 4, 19-5,4 ; Evangile : Luc 4, 14-22a
« Si quelqu’un dit j’aime le Seigneur, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur, »
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole de ce jeudi après l’Epiphanie nous invite à nous présenter devant Dieu avec beaucoup de sincérité et nous ouvre les yeux à reconnaître nos manques d’amour. Saint Jean dans la première lecture nous aide à voir qui nous n’aimons pas assez, qui provoque en nous de l’aversion, avec qui nous n’avons pas envie de parler, qui dérange nos intérêts personnels, de qui sommes-nous profondément jaloux sans en être conscient, qui bénéficie de notre part de la méchanceté gratuite… ? Oui, l’Apôtre nous précise que nous ne pouvons pas prétendre aimer Dieu que nous ne voyons pas de manière physique en haïssant l’homme créé à son image, et que nous côtoyons chaque jour et tous les jours. Ne disons-nous pas souvent que Dieu n’a maintenant que nos mains, nos pieds, nos bouche…pour agir ?
L’amour que nous devons avoir les uns pour les autres découlent de l’amour que Dieu a pour nous, et nous a envoyés son fils unique à Noël et l’a manifesté à l’Epiphanie. Voilà qu’après le Père, le Fils lui-même avec la puissance de l’Esprit se dans la page d’évangile de ce jour. « Cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Tout est dit dans le « aujourd’hui ». Il est pourtant dangereux, car il peut limiter l’interprétation. Dieu est avec nous aujourd’hui, Dieu conclut son alliance avec nous aujourd’hui : ces positions sont connues et relèvent d’une grande sagesse car toute parole de l’Écriture s’accomplit aujourd’hui. La prophétie, riche de sens pour l’histoire entière, culmine pourtant un certain jour dans un jaillissement unique. Ce jour de l’histoire est celui où la prophétie ne sera jamais aussi bien réalisée. C’est le jour du Fils de l’Homme.
Ainsi cet évangile nous rejoint-il dans la méditation du mystère de l’épiphanie. Les personnes qui étaient dans la synagogue de Nazareth ont loué et chanté Dieu pour ses merveilles, elles ont aimé Jésus et son enseignement. Quand Jésus a ouvert le livre, elles n’ont pas perçu Dieu qui révèle son visage, elles n’ont pas reconnu qu’il s’agissait d’une épiphanie. Nous-mêmes, nous nous sommes pressés à la crèche, émerveillés et louant Dieu pour le Sauveur qu’il nous envoie. Mais avons-nous reconnu que cet enfant est venu ouvrir le livre de nos vies pour s’y révéler comme son sens ? Nous lui avons offert l’or, l’encens et la myrrhe. Mais avons-nous perçu que qu’il veut régner « aujourd’hui » sans partage dans nos vies ?
Aujourd’hui est le jour où s’accomplit la promesse. Entrerons-nous dans la vie nouvelle qu’elle implique, ou bien préfèrerons-nous ne rien reconnaître du mystère ainsi révélé ?
Père Janvier AZONHAHIN