31e semaine du temps ordinaire
1re lecture : Philippiens 3, 3-8 ; Evangile : Luc 15, 1-10
« Frères, le peuple de Dieu, celui de la vraie circoncision, c’est nous, nous qui adorons Dieu selon son Esprit, nous qui mettons notre orgueil dans le Christ Jésus et qui ne plaçons pas notre confiance dans les valeurs charnelles. »
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, voici un verset par lequel l’apôtre Paul plante le décor pour la méditation des textes de ce jour où nous faisons mémoire de saint Charles Borromée : la connaissance du Christ ou encore la vraie connaissance du Christ Jésus notre Seigneur. Par ce que Paul nous dit ici de sa fidélité au judaïsme, nous apprenons quelque chose de son passé. Il était né à Tarse, de parents juifs qui avaient émigré et qui s’étaient installés en territoire grec. Ses parents étaient riches et bien considérés puisqu’ils jouissaient de la dignité et des droits de citoyens romains. A côté de la culture grecque, Paul avait reçu l’éducation religieuse de la Bible et du peuple juif. Il nous ramène à l’essentiel qui est la connaissance de Jésus. C’est pourquoi il confesse que tous ces avantages qu’il avait, il les a considérés comme une perte à cause du Christ Jésus. A cause de lui, il a tout perdu, il considère alors tout comme des balayures. Prions le Seigneur qu’il nous donne de faire la synthèse entre l’utile et l’agréable, de mettre chaque chose à sa place et que la connaissance du Christ au-delà de tout nous habite.
C’est au cœur de cela que saint Luc dans cette page d’évangile de la brebis perdue et de la drachme perdue nous enseigne. Bien que, selon la logique du calcul, le berger et la femme aient perdu peu, et qu’ils pourraient se consoler en pensant au quatre-vingt-dix-neuf brebis ou aux neuf drachmes qui leur restent, il n’y a rien à faire : oubliant ce qu’ils possèdent, ils ne pensent qu’à chercher ce qui est perdu.
Chacun de nous est comme la brebis perdue de la parabole de Jésus. Cependant Jésus nous aime malgré nos péchés qui nous éloignent de lui. Il nous tend la main ! Osons saisir sa main et sortir du gouffre du péché. Cela demande des sacrifices : la prière, le jeûne, renoncer à soi-même et prendre sa croix pour être disciple de Jésus. C’est une expérience de la miséricorde divine qui devrait aussi nous rendre miséricordieux. Nous avons été blessé par d’autres, nous avons souffert de l’injustice, nous avons été froissé par d’autres, nous subissons la méchanceté gratuite, la méfiance…Pourrions-nous leur pardonner ces fautes ? Oui, car celui qui a expérimenté la miséricorde de Dieu ne peut que la partager à ses frères et sœurs. Demandons la grâce de recevoir le pardon de Dieu et d’apprendre à pardonner à nos frères et sœurs.
Père Janvier AZONHAHIN