
Méditation du Jeudi 04 Février 2010
« Jésus appelle les douze et, pour la première fois il les envoie deux par deux. » L’appel précède l’envoi et l’envoi vient après l’appel. De fait, pour envoyer il faut d’abord appeler. En obéissant à cette disposition, le Christ signe l’arme de l’envoyé de son autorité. Ainsi, l’autorité de celui qui est envoyé vient de celui qui envoie. Il est donc normal que la suite du texte précise qu’ « il leur donnait pouvoir …. et leur prescrivit… ». N’est pas envoyé celui qui veut mais plutôt celui qui reçoit cette mission. Et alors il opère au nom de celui qui l’a envoyé. Si Jésus l’envoyé du Père agit au nom du Père, ses apôtres et ses disciples, eux agissent en son nom. Ainsi se conçoivent les actions in persona Christi : lorsque le prêtre, lieu-tenant du Christ opère dans l’administration des sacrements, il ne le fait pas de son propre chef, mais bien au nom du Christ auquel il est configuré.. Puisque cela en est ainsi, la personne du prêtre ne doit pas dépendre d’un effet de sentiment humain mais de celui d’une action divine. Il ne s’agit pas d’avoir peur du prêtre. Il s’agit d’éprouver une crainte à son endroit, ce sentiment de respect que l’on doit au sacré non au regard de l’accident visible mais au regard de l’essence et de la substance invisible qui sont de beaucoup plus d’importance. Si le messager de Dieu doit bénéficier d’une crainte révérencieuse de la part de celui vers qui il est envoyé, lui-même, comment doit-il se comporter ?
Les prescriptions données par le Maître des versets 8 à 11 à ceux qu’il envoie, visent à leur garder la plus grande liberté possible qui leur permette d’être moins embarrassés voire encombrés ou muselés. Car le messager de la Parole doit se garder de tout ce qui pourrait limiter leur liberté d’action ou de parole. C’est un défi pour les apôtres de notre temps.