SAINT JEAN MARIE VIANNEY
Première lecture : Nb 20, 1-13 ; Evangile : Mt 16, 13-23
« Pour vous, qui suis-je ? »
Chers frères et sœurs dans le Christ, l’Eglise se souvient en ce jour de saint Jean-Marie VIANNEY, patron des curés et de tous les prêtres. Cette occasion est bien trouvée pour dire bonne fête à tous les prêtres en général et en particulier à ceux qui ont été ordonnés un 04 août. Bonne fête à tous les paroissiens dont le curé d’Ars est le saint patron paroissial. Bonne fête aussi à tous ceux qui fêtent quelque chose de particulier en ce jour.
Les textes de la liturgie de la parole de ce jour s’accordent pour nous redonner l’audace et le courage de professer notre foi malgré toutes les péripéties de la vie. Dans l’évangile, les témoignages que rapportent les disciples en témoignent : spontanément, nous sommes tournés vers le passé. Nous n’avons pas les ressources intérieures pour imaginer la nouveauté du Christ. Jean-Baptiste, Élie, Jérémie,… de grands prophètes certes, les plus grands certainement, mais des hommes du passé. Leur seul lien avec le monde à venir est leur retour, que les hommes attendaient. Jean-Baptiste, Élie, ou Jérémie devaient en effet revenir. Leur « esprit », pour être précis. C’est-à-dire l’Esprit qui les animait, l’Esprit de prophétie, l’Esprit de Dieu. Les hommes du temps de Jésus attendaient donc un des disciples de ces prophètes fameux, un prophète qui comme eux serait parfaitement docile à l’Esprit de Dieu.
Cette attente est belle, mais elle est pauvre. L’homme qui doit venir de la part de Dieu ne peut être, dans l’imagination des hommes, qu’un prophète. On parle bien du messie, mais on peine à le définir. La grandeur et la fidélité de Dieu se lit pourtant dans cette attente. Dieu ne la décevra pas : Jésus, pour le moins qu’on puisse dire, est fidèle à l’Esprit de Dieu, il est prophète.
Cette réalisation est une invitation à entrer dans la vraie nouveauté. Pierre fait le pas. Il parle en son nom propre et la perfection de sa réponse en fait un modèle de foi. Jésus n’est pas désigné par Pierre seulement comme un prophète, comme un pasteur, comme un serviteur de Dieu, comme fils de Dieu, mais comme « le Messie, le fils du Dieu vivant ». Pierre voit plus loin que ce que lui montre la cohérence avec les hommes du passé. Pierre a laissé l’Esprit d’unité ouvrir ses yeux et il a vu le visage du Christ dans celui de Jésus.
« Ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est aux cieux ». Comme les prophètes du passé, Pierre compris qu’on découvre le Royaume en se laissant guider par l’Esprit. Simon devient alors Pierre, il s’ouvre à l’avenir de Dieu, il reçoit sa mission nouvelle.
En nous appuyant sur l’exemple de Pierre, que nous sachions ouvrir au Christ les portes de nos âmes, concrètement, et que nous ayons l’audace de le laisser entreprendre le grand chantier de la vie dans l’Esprit.
Père Janvier AZONHAHIN