Méditation du Jeudi 28 Janvier 2010

Samuel 11, 1-4a. 5-10a. 13-17 ; Psaume 50(51) ; Marc 4, 26-34

« Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit. Il ne sait comment. »
Ce verset que nous venons de lire peut être appelé fil conducteur de notre méditation de ce jour. Le Seigneur continue d’enseigner la Parole, il continue de semer la graine de la Parole dans les terres de nos cœurs. Comme hier, le Christ emprunte la figure du semeur ; le semeur, à la sueur de son front, donne toute la mesure de ses capacités, il ne s’économise pas, il ne se roule les pouces : il travaille. Mais son zèle suffit-il à donner croissance et germination à ce qui est mis en terre ? Toutes les peines consenties au champ du travail peuvent-elles garantir la réussite de notre entreprise ? L’homme sème, mais c’est Dieu qui donne la croissance, pourrions-nous dire.
Car, l’attention qui naît d’un contact averti et curieux avec le monde des paysans, cultivateurs et autres semeurs de profession devient une éducation, une pédagogie, une source de sagesse. Elle m’a appris en effet que, de toute œuvre humaine digne d’intérêt, une certaine part échappe à l’humain, à son contrôle et à ses prises. Une part qui n’est pas la moindre, une part qui, le plus clair du temps, est d’ailleurs loin d’être la moindre ; elle est la plus importante parce qu’elle est la part du Seigneur, celle que le Seigneur se réserve. Elle oblige en effet l’homme à croiser les bras et à se tenir en attitude de prière à la manière de David qui, en première lecture, attend la réalisation des promesses du Seigneur.
Il arrive que nous vivions dans notre chair cette dimension capitale de notre existence, à savoir découvrir et comprendre que nos investissements à eux seuls ne suffiront jamais à faire advenir le résultat que nous escomptons, le succès ou la réussite pour laquelle nous nous battons. La sueur qui se dégage de notre front, la fatigue qui succède à notre labeur est la preuve de la peine endurée, elle signifie que nous avons mis une graine en terre comme nous nous y efforçons peut-être au quotidien. Mais, ce qu’elle pourra devenir nous échappe absolument malgré nos prévisions et malgré nos dispositions. Il ne nous appartient pas de faire pousser la graine. Seul le Dieu Providence donne la croissance comme il donne l’être.
Que la compréhension d’une telle vérité existentielle renforce et aiguise notre amour d’un Dieu dont le regard bienveillant fait tout disposer en notre faveur. Amen !

Abbé Frédéric KOGE

Publié le 28 janvier 2010.

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