Lecture : Actes des Apôtres 3, 11-26 ; Evangile : Luc 24, 35-48
« La paix soit avec vous… Pourquoi êtes-vous bouleversés ?... C’est bien moi !
Touchez-moi et regardez. »
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, nous sommes toujours
dans la joie pascale et la liturgie de la parole de ce jeudi de l’octave de
Pâques nous montre que la conversion est la voie du salut et que le témoignage
vivant est la preuve de la merveille de Dieu.
Dans la 1re lecture d’hier, Pierre disait à l’infirme : « Je n’ai pas d’or ni d’argent ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Aujourd’hui, la prédication de Pierre souligne le sens du miracle, du signe qui vient d’être donné à tous ces gens venus pour prier au temple. Pierre invite ses auditeurs à relire leurs Ecritures : le Messie devait souffrir (Is53, 4), et ce n’est pas la même chose quand on le voit dans un livre ou quand on a été témoin et peut-être acteur de la tragédie. La haine et l’injustice ne peuvent pas arrêter le plan de Dieu et son travail patient pour nous sauver. Ce qui caractérise le chrétien, c’est l’écoute de Jésus, le Seigneur, et l’acceptation de sa personne. Que voyons-nous encore ? Qui voyons-nous encore ? Que voulons-nous voir aujourd’hui ? Qui voulons-nous voir aujourd’hui ?Dans l’évangile, les disciples d’Emmaüs ayant entendu le témoignage qu’il est vraiment ressuscité, il est apparu à Pierre ; partagent maintenant à leur tour avec les autres ce qu’ils ont vécu. « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. » Le Seigneur révèle que tout a un sens ; rien de ce qu’il vit n’est absurde ou subi. Quand il s’est fait chair, Dieu a fait corps avec notre histoire. Notre Dieu est un Dieu qui se révèle dans notre histoire, qui marche sur nos chemins et qui marche à notre rythme. Il a laissé à ses disciples le temps d’être déconcerté par la Croix et le temps de s’interroger sur le chemin d’Emmaüs, mais depuis toujours il les prépare à entrer dans la pleine lumière de sa résurrection. Bientôt le vent de l’Esprit les poussera là où ils n’auraient jamais imaginé aller.
Pour se tourner vers l’avenir qu’ouvre la résurrection, il faut encore faire mémoire. « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous », leur dit-il. Tout ce qui a été vécu, tout ce qui a été dit, ne dévoile son sens plénier qu’à la lumière de la résurrection. Depuis cette situation unique et nouvelle, la vie divine, les disciples peuvent enfin considérer sous un jour convenable ce qu’ils ont reçu. Ils reçoivent l’« intelligence des Écritures », c’est-à-dire qu’ils deviennent capables de discerner l’œuvre de Dieu dans l’histoire et l’achèvement vers lequel elle tend.
Au soir de Pâques, Jésus ne transmet pas une science qui ouvre les voies du salut, il ne requiert pas notre soumission à une démonstration de force ; il manifeste le monde nouveau dans lequel il nous invite à entrer. Cette apparition du Ressuscité nous l’annonce : la résurrection du Christ est aussi notre résurrection. Sa gloire est aussi la nôtre. Sa paix est également la nôtre. Accueillons donc notre Sauveur qui vient simplement à nous partager le fruit de sa victoire : « la paix soit avec vous ».
Père Janvier AZONHAHIN