Méditation du Jeudi 27 Mai 2010

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

La scène, que nous avons entendue dans l’évangile, se passe à la sortie de Jéricho en dehors en Judée. Jésus emprunte la route reliant Jéricho à Jérusalem (25 km), entouré de ses disciples et de la foule. Bartimée, aveugle et mendiant de métier, est « assis sur le bord de la route » espérant que les passants lui donnent une obole. Il ne voit rien, mais il entend et distingue les bruits de la foule qui s’approche. La vie passait devant lui, mais pouvait-il la saisir ? Il s’informe sur ce qui se passe. On lui répond : « C’est Jésus le Nazaréen ». L’aveugle se met alors à crier, « Fils de David, aie pitié de moi ». Ayant compris tout de suite que Jésus est son unique planche de salut, et qu’il faut la saisir immédiatement au passage, il se met à crier, à appeler au secours. Beaucoup le menaçaient pour le faire taire. « Mais il criait de plus belle : Fils de David, aie pitié de moi ». Jésus l’entend, s’arrête et dit : « Appelez-le ». Et on l’appelle et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle ! ». L’aveugle jette son manteau, bondit et court vers Jésus. Il accourt malgré sa cécité et après avoir jeté son manteau, l’unique bien qu’il lui restait pour se protéger contre les nuits froides d’Israël. Il sait d’instinct le lieu de la voix qui a dit de l’appeler. Et il n’a plus craint quelque obstacle. Alors il bondit. Sa foi en Jésus le met debout, le met en vitesse. Jésus dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Rabbouni, que je voie ». Il veut donc recouvrer la vue, recouvrer un bien perdu et pas n’importe lequel ! Un bien qui lui permettrait à nouveau de voir, d’avoir la lumière, de discerner, de travailler, d’appartenir au corps social, économique et religieux. Devant pareille détermination, devant cette foi confiante, Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé ». Il ne prononce curieusement aucune parole pour le guérir. Au contraire, il lui confirme que sa foi l’a guéri, l’a sauvé. La guérison est un salut. Retrouver la santé, c’est retrouver le chemin de la vie et un état de vie fonctionnel. Ici le salut, c’est le Règne de Dieu arrivé jusqu’à Bartimée, la proximité de Dieu qui a tout changé, qui a tout fait basculer. Une transformation due à sa rencontre avec quelqu’un du nom de Jésus de Nazareth. L’aveugle n’a demandé ni richesses ni biens de la terre, ni honneur. Cette rencontre entre Jésus et Bartimée a changé la vie de Bartimée ; non seulement il a obtenu la guérison, il mais il a s’est mis à suivre Jésus. Par la foi, désormais Bartimée peut marcher sur le chemin de la vie sans danger, vivre avec et parmi le monde, travailler, être accueilli à nouveau par tous ou chez tous et aller à la synagogue sans gêne ou sans peur. Il peut enfin vivre pleinement.

Que rien ne devienne obstacle pour nous dans notre rencontre avec Jésus, la foule était un obstacle pour l’aveugle, mais il a su tenir tête à cette foule ; sa cécité était aussi un obstacle, mais il a su la braver en profitant de cette aubaine de grâce qui s’offrait à lui. Profitons de nos rencontres avec le Christ et avec les autres en ayant comme unique repère le salut des âmes, le bonheur de l’humanité.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 27 mai 2010.

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