Méditation du Jeudi 21 Juillet 2011

Première lecture : Exode 19, 1…20 ;
Evangile : Matthieu 13, 10-17

« Celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. »

Chers frères et sœurs dans le Christ, la liturgie de ce jour nous montre la manifestation de la puissance de Dieu et invite à nous laisser instruire par ses signes. Dans la première lecture, Dieu manifeste sa sainteté et sa puissance en sauvant du pays d’Egypte les fils d’Abraham. Dieu a voulu se faire connaître de ceux qu’il a sauvés de la main du pharaon mais il veut d’abord qu’ils se purifient, car aucun impur, aucun indigne ne verra sa gloire. Comme dans la vie de chacun de nous, le son de la trompette était de plus en plus fort ce qui introduit la crainte de Dieu qui continue d’être pour nous le commencement de la sagesse. Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? ». Les disciples s’interrogent sur la pédagogie du Maître. Jésus tient en effet des propos embarrassants : « à vous il est donné de comprendre les mystères du Royaume, mais à eux [c’est-à-dire à ceux qui écoutent seulement les paraboles] ce n’est pas donné ». Les paraboles ne sont-elles que des images adaptées au plus grand nombre, très simples pour être entendues de tous, mais trop simples, nécessitant un enseignement complémentaire, réservé aux initiés ?

Cette hypothèse ne peut pas être retenue. Combien de fois n’avons-nous pas entendu Jésus s’impatienter de l’incompréhension des disciples ? Au point qu’il a pu nous arriver de croire l’inverse : non seulement les disciples ne vont pas plus loin que les foules, mais ils ont encore besoin de cours de soutien !

Jésus nous aide à dépasser ce genre de questionnement : « celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a ». Ce proverbe montre que la possibilité de comprendre les paraboles ne dépend pas d’elles-mêmes mais de ceux qui les reçoivent. Les paraboles sont certes des énigmes, mais le Royaume est lui-même une énigme. Comme il est caché, on ne peut parler de lui qu’en parlant d’autre chose. Tout dépend donc de l’attitude de celui qui écoute.

Pour qui ouvre son cœur, la guérison est possible ; il peut découvrir le Royaume et y entrer. Il y a donc pour lui une augmentation. Il a osé entrer dans l’amitié de Jésus, il reçoit la guérison et entre dans la joie de son maître qui s’exclame : « heureux vos yeux parce qu’ils voient et vos oreilles parce qu’elles entendent ». Quant à celui qui n’a rien, celui qui ne laisse pas la parabole faire ce pour quoi elle est faite, c’est-à-dire toucher directement son cœur, et qui la cantonne dans les chemins alambiqués de sa raison, il lui sera enlevé même ce qu’il a. En effet, il n’a que ce qu’il croit avoir appris. Il n’est pas entré dans la symbolique de la parabole et il s’identifie à ce qu’il possède, à son savoir. Finalement ce qu’il sait lui bouche la vue et il ne le sait pas. Il le perd donc, il perd le peu qu’il avait.

Père Janvier AZONHAHIN

Publié le 21 juillet 2011.

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