Méditation du Jeudi 2 Juin 2011

MEDITATION DU JEUDI 02 JUIN 2011 : SOLENNITE DE L’ASCENSION

1re lecture : Actes 1, 1-11 ; 2e lecture : Ephésiens 1, 17-23 ; Mathieu 28, 16-20

« Dieu monte parmi l’acclamation, le Seigneur aux éclats du cor »

Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, l’Eglise universelle célèbreen ce jour la solennité de l’Ascension.L’Ascension est une fête chrétiennecélébrée quarante jours après Pâques. Dans la tradition et la foi chrétiennes, elle marque l’élévation au ciel de Jésus de Nazarethaprès sa résurrectionet la fin de sa présence terrestre. Mais Jésus n’abandonne pas pour autant les hommes : il leur envoie son Esprit Saintle jour de la Pentecôte, et intercède sans cesse en leur faveur auprès de Dieu le Père (He 9, 25).

La liturgie de la parole de ce jour colle bien avec cette explication de la solennité de l’Ascension. Le jour où elle fête l’Ascension, où Jésus disparaît aux yeux de ses disciples, l’Église nous donne à méditer une apparition du ressuscité. D’emblée, le choix paraît étrange. L’introduction est très vague : la scène se passe en Galilée, carrefour des nations, sur une montagne, entre terre et ciel. L’apparition du ressuscité elle-même est comme passée sous silence : « quand ils le virent ». On peut difficilement faire plus elliptique. Aucune description, aucun geste particulier, nous ne retrouvons rien de la familiarité que nous connaissons entre Jésus et ses disciples. Jésus ne s’approche des disciples que pour leur parler et il ne leur parle que pour les envoyer en mission. La clôture de l’évangile de Matthieu est certainement un moment solennel mais il ne ressemble guère à une fête de famille !

Mais quelle mission ! Tout est là. Nous envoyer faire de toutes les nations des disciples. Baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, c’est-à-dire donner à tous ce que nous avons nous-mêmes reçu de Dieu : la vie divine. Il fallait être Dieu pour inventer cela. Parmi les hommes, personne n’aurait pu imaginer la grandeur du don de Dieu. Voilà la porte d’entrée dans le mystère. L’Ascension est une invitation à une ascension des cœurs. Une invitation à monter, à vivre plus haut que nos pensées, à trouver en Dieu un refuge où nos pensées humaines ne pourront nous rejoindre. Ainsi, non seulement ce jour est celui où nous pouvons enfin vivre selon la logique de l’Esprit, selon le bon sens et la simplicité de l’amour, mais encore ce jour de l’Ascension est le jour de notre grand déménagement, celui où nous pouvons commencer à habiter au-dessus de nous-mêmes, c’est-à-dire déménager de ce qui est notre petit « moi » en Dieu, pour loger désormais tout là-haut dans le sein du Père. Aujourd’hui le Christ, qui reste l’un d’entre nous, vit devant le Père et nous entraîne dans son Ascension pour nous faire habiter là où son Ascension aboutit : dans la joie de la Sainte Trinité.

Voici que nous commençons à entendre petit à petit l’appel de l’Ascension que Jésus fait à ses disciples, un appel à vivre de l’espérance, une espérance qui dépasse toutes les espérances humaines. Le jour de son ascension, Jésus nous appelle à vivre de l’espérance à un autre niveau que celui auquel nous avons coutume d’établir nos actes d’espérance ; car ils sont des actes qui appartiennent vraiment à Dieu et qui viennent de Dieu. Nous sommes désormais entièrement disposés, dans la prière et dans la foi, à ce que la lumière intime de Dieu illumine de l’intérieur notre intelligence, pour lui permettre de s’ouvrir et de découvrir la manière divine dont Dieu se connaît lui-même. La lumière surnaturelle de la foi transforme de l’intérieur notre intelligence pour que nous soyons totalement donnés au Christ, c’est-à-dire à la manière dont Dieu, dans son intelligence intime, se voit lui-même et s’incarne dans le Christ. La lumière de la foi ne vient pas de nous, elle vient de Dieu, pour que nous devenions entièrement Jésus, de l’intérieur, dans le monde d’aujourd’hui.

Nous voici élevés au plus haut des cieux par Jésus qui nous y attire. Il n’y a aucun risque de vertige. Si notre cœur est établi au plus haut des cieux, la première lecture nous montre comment nos pieds restent bien sur terre. Le Christ y est décrit comme le Grand Prêtre victorieux qui bénit ses disciples en entrant dans les cieux et des anges — les deux mêmes anges vêtus de blancs que nous avons rencontrés dans le tombeau vide au matin de la résurrection — renvoient les disciples à leur quotidien. Cela veut dire que nous ne pouvons rejoindre le Seigneur Jésus dans son Ascension qu’en reprenant la route de notre vie, conduits en tout par son Esprit. Cela veut que les sommets dans la vie contemplative que nous ouvre l’Ascension trouvent leur substance dans notre vie quotidienne.

Faisons alors nôtre la prière de saint Paul dans la deuxième lecture : « que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, nous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu’il ouvre notre cœur à sa lumière, pour nous faire comprendre l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l’héritage que nous partageons avec les fidèles, et la puissance infinie qu’il déploie pour nous, les croyants ».

Père Janvier AZONHAHIN

Publié le 2 juin 2011.

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