Méditation du Jeudi 1er Avril 2010

Jeudi Saint 2010

La première célébration du Triduum pascal commence avec la célébration de la Cena Domini au soir du jeudi saint. Selon la Tradition que nous rapporte St Paul, le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, il prit le pain et, le donnant à ses disciples dit : « ceci est mon corps ». Il fit de même pour la coupe de vin et dit : « ceci est mon sang », « faites cela en mémoire de moi ». (Cf. 1Co11, 23) Depuis lors cette célébration n’a plus jamais cessé d’avoir lieu car elle est réellement et effectivement le mémorial que Jésus lui-même nous a laissé. Nous sommes là en présence de la fine pointe de tout le mystère de notre rédemption que le Corps et le Sang du Christ réalisent et actualisent selon l’ordre irréversible du Maître Lui-même. La célébration eucharistique de ce jour n’est pas différente de l’Eucharistie des autres jours de l’année ; cependant elle sert d’exemple. Chaque fois et toutes les fois que l’Eglise, à travers ses ministres ordonnés, célèbre l’Eucharistie et les autres sacrements, l’œuvre de rédemption accomplie par Jésus Christ se réalise. Car, elle a été accomplie une fois pour toutes, et son efficacité n’a pas été enfermée dans une partie du temps pour une partie de l’humanité. Au contraire, sa portée couvre toute l’humanité pour toujours tant dans le passé antérieur à la Cène du Seigneur que dans le futur qui conduit à la fin des temps inconsommables.
La liturgie du jeudi saint ne célèbre pas que l’Eucharistie ; elle fait aussi mémoire de l’institution du sacerdoce ministériel, sacrement qui « fait » les prêtres sans lesquels l’Eglise n’a pas l’Eucharistie. Le « faites cela » est un ordre, personne n’en doute. Mais plus qu’un simple commandement, cet ordre ordonne et confère un pouvoir aux hommes qui étaient là présents, les douze apôtres (Mc14, 17-25) jusqu’à ce que lui, le Christ revienne. (1Co11, 26) L’Eucharistie apparaît là comme un repas de communion et un repas eschatologique car, en donnant cet ordre à ses apôtres le Christ les introduit dans la communion trinitaire qui, à son tour entraîne la communion fraternelle. (Cf. 1Co10, 17 ; 12, 12-13). Conséquemment le ministère sacerdotal qui est institué avec l’institution de l’eucharistique porte lui aussi ce double caractère communionnel et eschatologique : on est prêtre pour l’éternité et le prêtre n’est pas isolé ou acéphale ; il fait toujours partie d’un presbyterium et cela s’explique par l’accueil-accolade adressé à chaque nouveau prêtre, juste après son ordination. Remarquez aussi qu’il est question de corps et de sang, deux réalités de notre nature humaine qui nous font dire que si le Christ ne s’était pas fait chair, nous n’aurions pas eu ce sacrement de l’eucharistie. Et lui le premier prêtre à avoir célébré la première eucharistie, si pour être en mesure de le faire, il a dû prendre la condition d’homme, la condition pour être prêtre se veut alors d’être Homme : homme selon la volonté de Dieu ; homme de la condition originelle c’est-à-dire en dehors du péché. Notre humanité de prêtre doit sa nature à l’humanité du Christ prêtre. Puisse cet anniversaire réaliser en nous ce que l’amour du genre humain a réalisé dans le Christ Dieu fait homme.

Abbé Mathieu AMONLO

Publié le 1er avril 2010.

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