Méditation du Jeudi 16 Juin 2011

Lecture : 2 Co 11, 1-11 ; Evangile : Mt 6, 7-15

« Les œuvres du Seigneur sont justice et vérité »

Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole de ce jour nous invite à prier et à vivre ce quenous disons.

Le discours de Jésus que nous lisons cette semaine culmine dans la prière du Notre-Père. Pour Jésus, la prière n’est pas qu’une question de mots exprimés par les lèvres. Elle est d’abord un regard levé vers Dieu qui est Père, une reconnaissance de ce qu’il est et de ce qu’il veut, un souhait de voir son nom sanctifié et son règne advenu. Cette prière n’est pas une liste de réclamations adressée à un Dieu à qui nous aurions à demander des choses. Elle n’est pas un acte de soumission ni une reconnaissance d’impuissance devant un Dieu dont le seul rôle serait de pourvoir à nos besoins. Cette prière est effectivement une demande, mais en premier lieu une demande de Père. Sous les demandes suscitées par le Nom, le Règne, la Volonté, celui qui prie demande à Dieu d’être son Père. Dire « Notre Père » c’est demander à devenir fils dans le Fils.

Ce prodige ne peut être réalisé que par Dieu lui-même. Ce Dieu qui se fait proche et qui veut être notre Père est aussi le Tout-Autre, le Tout-Puissant. Le grand respect que nous manifestons à son Nom est assorti de la demande qu’il le sanctifie, selon la promesse qu’il fit par la bouche du prophète : « je sanctifierai mon grand Nom qui a été déshonoré parmi les nations » (Ez 36,23).

Le Nom est la personne même de Dieu. Nous lui demandons donc chaque jour de nous révéler son visage, de manifester sa sainteté, de nous montrer combien il est le Tout Autre admirable et adorable. Cette prière est belle parce qu’elle rend tout honneur à Dieu. Il n’y a que lui qui puisse le faire, il n’y a que de lui que nous l’attendons.

Peut-être est-ce le point d’attention que nous pourrions garder pour notre journée. Porter la vigilance de notre cœur sur la sanctification du Nom de Dieu. Découvrir sous un jour nouveau, celui de l’Esprit, le visage ineffable que nous révèle le Seigneur. Devenir fils et être assimilés au Fils. « Que luise ta face sur ton serviteur » (Ps 30). Désirer vivre et se laisser vivifier par l’alliance d’amour que Dieu scelle de sa vie. N’avoir de plus grand désir que de voir son Règne arriver, de voir sa volonté faite. Sur terre comme au ciel. Dans ce qui lui est déjà soumis comme dans ce qui lui résiste encore.

Dans le « Notre Père », tout commence par le « Notre ». Il nous faut accepter le pari de nous situer en enfants de Dieu ; c’est-à-dire de nous situer en frères les uns par rapport aux autres, devant Dieu. Alors nous connaîtrons la joie de vivre ensemble et d’être unis, assemblée de frères faisant la joie de notre Père miséricordieux.

Père Janvier AZONHAHIN

Publié le 16 juin 2011.

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