Lecture : Romains 3, 21-30 ; Evangile : Luc 11, 47-54
« En effet, nous estimons que l’homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la loi de Moïse. »
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole de ce jour nous appelle à rester fidèle dans la foi et dans la vérité, voies pour le salut promis.
Saint Paul, dans la première lecture, affirme l’égalité fondamentale de tous les hommes devant Dieu : tous sont pécheurs. Il nous ouvre alors à l’universalité et à la gratuité du salut offert en Jésus-Christ à toute l’humanité. Bien-aimés de Dieu, il n’y a donc pas lieu de tirer orgueil de ce salut qui n’est le fruit, ni du respect de la Loi, ni des bonnes œuvres que nous aurions accomplies. Le salut n’est alors pas du à une performance éthique ou sociale, car il risque de tomber dans le piège de l’orgueil. La seule attitude de l’homme pour obtenir le salut est la foi qui est une adhésion ferme au Christ mort pour redonner vie à l’humanité. Dieu n’accepte pas l’état actuel de l’homme, même si ce dernier se satisfait de sa condition médiocre. Dieu nous appelle à partager sa Gloire. Il nous a créés pour que nous entrions en communion avec lui, et comme il est hors d’atteinte, c’est lui qui nous tend la main et nous fait justes. Acceptons-nous toujours la main tendue de Dieu pour notre justification ? Ne comptons-nous souvent pas trop sur nos œuvres que nous estimons belles
Jésus fustige dans l’évangile l’hypocrisie et la duplicité qui ont pris le pas sur l’hommage à la vérité. L’hypocrisie est une attitude qui permet de se justifier, de se défiler face à une vérité qu’on ne peut totalement nier, mais que l’on refuse d’admettre ouvertement. L’hypocrisie masque le fond du cœur, elle affiche un comportement extérieur qui ne correspond pas à la pensée du cœur. Avec Jésus, Fils de Dieu, tout est transparence, sincérité et vérité lui qui est chemin, vérité et vie. Cette transparence, Jésus la sollicite des docteurs de la Loi : en vérité, leur dit-il, vous prolongez le comportement de vos pères en refusant d’écouter celui que Dieu vous envoie, et ce refus, vous le camouflez d’une interprétation fausse de la Loi de Dieu. Bien plus Jésus leur reproche de ne pas entrer eux-mêmes dans la Vérité dont la clé leur est fournie, et de laisser les autres dans l’ignorance afin qu’ils n’accèdent pas à cette vérité. Parce qu’il dit la vérité, Jésus fut rejeté et mis à mort comme tous ces martyrs qui ont refusé tout compromis pour demeurer fidèles à l’esprit de vérité déposé en eux. Etre vrais face à Dieu, être des témoins véridiques à l’égard de nos frères et sœurs, c’est une grâce à demander sans cesse à celui par qui grâce et vérité sont venues.
Père Janvier AZONHAHIN