Méditation du Jeudi 13 Mai 2010

Homélie du jeudi 13 mai 2010

Chers frères et soeurs en Christ,

Chaque année, quarante jours après Pâques, nous célébrons l’Ascension du Seigneur Jésus, qui durant sa vie terrestre disait déjà à ses disciples « Personne n’est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l’Homme qui est descendu des cieux » (Jn 3,13) ou encore « Moi une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12, 32). Et cette année 2010, le jeudi de l’Ascension tombe le 13 mai jour de Notre Dame de Fatima, comme pour nous rappeler que le Fils et la Mère sont intimement liés dans le déploiement du mystère de notre salut et qu’il n’y a pas de Fils sans Mère.
Il a donc fallu que le Christ descende d’abord (mystère de l’incarnation) pour monter par la suite (mystère de l’ascension). Et comme un adage dit que le chemin de retour est beaucoup plus aisé pour celui qui se perd, alors combien plus ce chemin de retour ne sera-t-il pas plus aisé à celui-là qui non seulement ne s’est pas perdu mais a très bien accompli sa mission ?
Une conception universelle a fait du ciel le trône de Dieu et de la terre son marchepied. Et Dieu peut descendre à l’homme par ses anges ou ses messagers ou descendre lui-même à la rencontre des hommes sur une montagne par exemple. En Jésus, Dieu a cessé de donner rendez-vous aux hommes sur des montagnes pour se laisser toucher et voir sur terre. En Jésus, Dieu marche sur la route des hommes. Et Jésus, après sa passion, sa mort et sa résurrection, après avoir affermi ses disciples dans la foi retourne auprès de son Père sous les yeux de ses disciples. « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? »
L’Ascension du Christ est l’authentique manifestation de sa divinité. C’est la marque de cette prosternation des disciples après le départ du Christ "Eux se prosternèrent pour l’adorer." C’est comme si, tout en disparaissant de leur regard, Jésus apparaissait d’une manière encore plus sublime et merveilleuse, sous sa forme majestueuse et divine ! Cette ascension nous fait aussi découvrir le vrai visage du Christ comme Roi de l’univers qui ne peut se soumettre aux lois physiques et s’élève de terre sans appareillage pour entrer dans la gloire. En entrant dans la gloire, Jésus fait entrer notre humanité craintive, tremblante et pécheresse dans la gloire, nous donnant définitivement l’accès à Dieu, à condition d’y coopérer. Et ce départ de Jésus est prélude de son retour. Les Anges le disent très clairement dans la 1ère lecture aux Apôtres qui regardaient vers le Ciel après que Jésus y soit entré : "Ce Jésus qui vient de vous être enlevé vers le ciel, en reviendra de la même manière que vous l’y avez vu monter." (Ac 1, 11). Ce départ de Jésus est aussi prélude de la descente de l’Esprit-Saint. N’oublions donc pas la neuvaine à l’Esprit-Saint. Le Christ s’en va et les disciples retournent joyeux. « Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux. Ils retournèrent à Jérusalem remplis de joie » vient de nous dire saint Luc dans don Évangile. Quel paradoxe : une séparation définitive qui cause de la joie ! Habituellement, les séparations causent plutôt de la tristesse et des larmes, surtout lorsque ceux qui se séparent s’aiment. Le mystère de l’Ascension est avant tout un mystère de joie et non un mystère de séparation dans la douleur : joie de l’élévation de notre nature humaine dans la gloire de Dieu, et là toute la 2ème lecture l’illustre, joie de l’effacement du décret qui nous condamnait à la mort, et de notre délivrance de la captivité. Les disciples repartent joyeux parce que pendant 40 jours, ils ont été affermis dans leur foi par les diverses apparitions du Ressuscité. Ils repartent joyeux parce qu’ils ont fini par comprendre que Jésus est allé leur préparer une place et qu’ils ont cette espérance de le revoir un jour. Ils repartent joyeux parce qu’ils ont compris que Christ est plus que jamais présent par le don de l’Esprit promis à son Eglise. Ils sont joyeux parce qu’ils ont l’assurance de la présence du Christ et de son Esprit qui fait d’eux des témoins du Christ « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre », des témoins rayonnants et universels. Que la joie des apôtres soit notre joie dans la fidélité au Christ et à son message de salut pour tous les hommes et dans le témoignage continuel à rendre au Christ. Amen

Père Hermann Juste NADOHOU AWANOU

Publié le 13 mai 2010.

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