Méditation du Jeudi 13 Janvier 2011

1re lecture : Hébreux 3, 7-14 ; Evangile : Marc 1, 40-45

« Aujourd’hui, si vous entendez la voix du Seigneur, n’endurcissez pas votre cœur comme au temps de la révolte, au jour où, dans le désert, vos pères m’ont mis à l’épreuve »

Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole de ce jeudi nous invite à vivre l’aujourd’hui de Dieu. « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur » nous dit l’antienne du psaume responsorial pour nous relancer dans notre vie au quotidien dans le Seigneur. La lettre aux hébreux nous invite à nous encourager mutuellement, aussi longtemps que nous pouvons dire « aujourd’hui » car « demain ne noua appatrient pas » puisque « A chaque jour suffit sa peine », pour que personne parmi nous ne s’endurcisse en se laissant tromper par le péché.

Dans l’évangile, un lépreux, c’est-à-dire un homme isolé, exclu de la société. Bravant l’interdit de communication, s’approche du Seigneur et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier ! ». L’homme attend tout du Seigneur, il s’en remet entièrement à lui. Et Jésus le guérit. Pour cette guérison n’est pas heureuse.

Le changement soudain, consécutif à la guérison, conduit l’homme à prendre, malgré lui peut-être, à prendre une sorte de revanche. L’exclu devient l’exception. Celui qui a été à côté de la société se place au-dessus ; celui qui n’a été regardé par personne alors qu’il était malade s’approprie le miracle pour occulter Jésus et se glorifier du don reçu. On comprend mieux la colère de Jésus. Lui a été à l’écoute mais il n’a pas été écouté. L’homme a détourné le don de Dieu pour s’improviser prédicateur et attirer les regards. Évidemment, il ne prêche pas vraiment : il se contente de « répandre la nouvelle » mais il n’annonce pas le Royaume. Cependant, terrible conséquence de l’ingratitude et de l’orgueil de l’homme, Jésus lui-même est désormais empêché de parler, les foules ne lui demandant pas son enseignement mais qu’il exerce un pouvoir de thaumaturge.

Que l’Esprit qui porte l’évangile au bout du monde nous modèle un cœur d’apôtre fidèle. Que jamais nous n’ayons, par notre vie ou notre parole, à donner un témoignage de Jésus qui ne serait pas né dans une relation profonde d’écoute et d’accueil de la volonté du Seigneur Jésus. N’hésitons pas à nous approcher humblement de lui pour demander la guérison de la lèpre de nos cœurs, celle qui rend notre volonté propre envahissante et première, celle qui bouche nos oreilles aux merveilles de l’amour de Dieu et aux enseignements que Jésus veut nous donner pour nous ramener vers le Père. Que notre foi nous ouvre la voie à la guérison.

Père Janvier AZONHAHIN

Publié le 13 janvier 2011.

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