
La réponse de Jésus à ceux qui veulent voir dans ses exorcismes l’œuvre du démon est très suggestive du point de vue de la forme et du fond.
Jésus sait à qui il a à faire. Des gens qui se refusent de voir les choses telles qu’elles sont et s’animent à cet effet de mauvaises intentions. La personne et les œuvres de Jésus ne provoquent en eux ni crédulité, ni admiration, ni sympathie mais de l’hostilité et des sentiments négatifs. Ils veulent le mettre à l’épreuve et le faire passer pour un suppôt du diable.
Jésus répond en maître de la situation : son expérience personnelle, sa personnalité, le contexte de sa mission et l’enjeu lui-même entrent en compte dans sa pédagogie de défense. Il évoque des principes doctrinaux et vitaux irréfutables : un royaume divisé contre lui-même est un désert et une ruine ; seul le bien peut vaincre le mal et il faut faire très attention quand le démon veut vous confondre en vous donnant l’impression qu’il peut agir contre lui-même ; Dieu seul est la vraie source de tout exorcisme ; et tout exorcisme est le signe que le royaume de Dieu à l’œuvre, dans tout rapport de force entre les créatures, la raison du plus fort est toujours la meilleure ; pour toute relation féconde, on ne peut être avec et être contre, Jamais les deux ensembles.
Cet épisode comme celle de la tentation a du être une grande école pour les disciples de Jésus. Eux qui se préparent à affronter tôt ou tard le malin et les mensonges du monde. Le lieu des attaques des ennemis de la foi ne doit pas être pour le croyant un moment de panique et de dispersion mais un lieu de réappropriation des vérités de la foi et de la vie. Et c’est seulement en étant avec Dieu que nous sommes forts. Il peut faire tourner toute situation à la faveur du bien. Il y a une force qui s’établit en nous par la vie de communion avec Dieu. Avec Dieu nous trouvons la force et sans Dieu nous sommes impuissants.
Pour être avec Dieu, la première lecture, tirée du livre de Jérémie, nous indique un moyen sûr : ne pas fermer son cœur. Ce n’est pas pour rire que Dieu fait alliance avec un peuple. Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : soyez attentifs à ma voix. Alors je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. C’est donc assez grave pour le peuple de Dieu de fermer ses oreilles à Dieu qui est sa force de vie. C’est grave si ce peuple oublie ses origines. L’état de l’homme séparé de Dieu s’appelle endurcissement ou aveuglement. S’endurcir le cœur c’est le fermer à Dieu et se replier sur soi-même avec les conséquences que cela entraîne.
Le psaume 97 quand à lui, nous invite à la prière. Notre vie doit être prière. C’est par la prière que nous apprenons à nous tourner vers le Seigneur et à nous remplir de lui. La prière est un chemin qui nous rajuste intérieurement à lui, elle est capacité d’écoute de Dieu et développe en nous une force purificatrice.
Acceptons que dans notre vie, notre cœur cri de joie, acclame et rende grâce. Que notre être se consacre à entrer dans la demeure de Dieu, à s’incliner, à se prosterner, à adorer le Seigneur et à écouter sa voix. Nous serons forts pour le bien et dans les épreuves et le mal n’aura plus raison de nous.