Méditation du Jeudi 11 Février 2010

Jésus était dans une région païenne. Et pourtant il a été reconnu par une syro-phénicienne. Il s’agit d’une païenne. N’est-ce pas une interpellation pour nous, baptisés, qui ne reconnaissons pas le Christ dans notre prochain, dans la personne démunie, malade affamée prisonnière, dans celui qui est nu ou sans abri ?
Pour Marc, la scène se passe à Tyr. Pour Matthieu, cette femme est descendue en Israël. C’est aussi un miracle à distance. Le refus apparent du Seigneur est rempli d’un sourire affectueux. Pour lui, il n’y a pas de barrière de race. Il voulait simplement entendre une femme clamer cette foi qui lui sort des entrailles : les petits chiens ont droit aux miettes.
Une seconde remarque intéressante : c’est la seule parole de l’évangile où, hormis l’Eucharistie, il est question de pain. Ici le pain est réservé aux Juifs, mais il en tombe déjà en terre païenne. C’est un texte prophétique. Le pain du ciel, un jour, sera partagé à tous.
L’Eucharistie est le centre et le sommet de toute la vie sacramentelle par laquelle chaque chrétien reçoit la force salvifique de la Rédemption, en commençant par le mystère du baptême, par lequel nous sommes plongés dans la mort du Christ pour devenir participants de sa résurrection comme l’enseigne l’apôtre. A la lumière de cette doctrine, on voit encore mieux la raison pour laquelle toute la vie sacramentelle de l’Eglise et de chaque chrétien atteint son sommet et sa plénitude dans l’Eucharistie.

Abbé Marc DOSSOU

Publié le 11 février 2010.

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