1re lecture : Genèse 2, 18-25 ; Evangile : Marc 7, 24-30
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair »
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole de ce jour nous invite à la contemplation de l’homme dans la création, et à l’audace en Jésus.
Le livre de la Genèse, après nous avoir présenté les deux récits de la création, nous montre l’insatisfaction de l’homme au milieu de tout ce que Dieu à créé pour lui et qu’Il lui a permis de nommer. Ceci montre que même si parfois l’homme semble un loup pour l’homme, il lui est nécessaire. Seydou BADIAN disait dans Sous l’orage que « L’homme n’est rien sans les hommes. Il vient dans leurs mains et repart dans leurs mains ». Même si nous reconnaissons que l’homme n’est rien sans Dieu qui l’a créé, nous constatons qu’il l’a créé pour ses semblables qui ne sont pas les créatures des cinq premiers jours de la création. Ceci nous amène à reconnaître pour notre prochain toute sa place. Constatons que personne n’a enseigné à Adam avant qu’il ne dise en voyant Eve : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ». C’est la preuve que le bien se diffuse.
Et l’homme créé à l’image de Dieu doit être audacieux en Lui. C’est ce que nous voyons dans l’évangile de ce jour. La femme syro-phénicienne vient arracher Jésus à la discrétion qu’il recherche : elle est décidée à secourir sa fille possédée. Mais Jésus repousse sa demande par une métaphore dure : « Laisse d’abord les enfants manger à leur faim, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Les enfants désignent Israël, le petit chien, la femme ; elle ne se décourage pas, joue de la même métaphore : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants ». La femme reconnaît l’élection d’Israël mais conteste que le salut lui soit réservé. En accumulant les diminutifs, elle montre son humilité et l’emporte. Elle a risqué d’être repoussée une seconde fois et elle a gagné la santé de sa fille.
« À cause de cette parole », lui dit Jésus, tu peux rentrer chez toi auprès d’une enfant guérie, une enfant païenne libérée. Le Seigneur ne met pas en avant la foi de la femme, mais sa parole. Jésus n’a posé aucun geste, aucune invocation, aucun ordre d’expulsion. Il constate ce qui est déjà accompli, il reconnaît la transformation due à la parole de cette mère exemplaire. Mue par le désir de sauver son enfant, éclairée par l’intuition de l’amour, elle pénètre au-delà du voile des apparences, jusqu’au mystère de la Personne divine de celui qui est infiniment plus qu’un thaumaturge. S’étant unie au Seigneur par la foi, cette mère a reçu le salut pour elle et pour son enfant.
Seigneur, donne-nous la même audace que celle de cette femme ! Pour ceux qui accueillent ton Évangile, il n’y a plus ni juif, ni païen, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, car tous nous ne faisons plus qu’un en toi. Que cette union à toi dans la foi et dans l’amour appelle sur nous ton salut !
Père Janvier AZONHAHIN