La liturgie de ce jour met l’accent sur le renouvellement constant de l’Eglise sous la direction de l’Esprit Saint.
Très tôt s’est posé aussi à l’Eglise le problème du choix entre le vieil ordre et le nouvel ordre. Est-ce que l’Eglise doit se passer du judaïsme ou au contraire elle doit être une continuité dans la mesure où Jésus lui-même affirme qu’il n’abandonne pas la loi et les prophètes (Marc 5,17).
Les textes bibliques de ce jour apportent une réponse claire. En cela, on note un progrès dans les trois textes qui nous sont proposés.
Dans la première lecture, une dispute éclate. Les païens qui adhèrent au christianisme doivent ils être circoncis et doivent ils respecter la loi juive ? En guise de réponse, un consensus émerge : Ils ne doivent pas être nécessairement circoncis. Le baptême seul suffit mais ils doivent avoir en commun quelques règles avec les juifs, ne serait ce que pour se sentir en communauté avec eux.
Il est important de noter qu’il s’agit là d’une décision collégiale sous la direction de l’Esprit Saint, d’où l’importance du discernement et de la prière.
En mettant dans une même perspective l’Eglise terrestre et l’Eglise céleste, la deuxième lecture met aussi l’accent sur la continuité entre le Nouveau Testament et l’Ancien pour montrer que la mission de l’Eglise lui impose un renouvellement qui ne doit rien perdre des fondamentaux.
Dans cette veine, l’Evangile de Jean nous explique que Jésus n’a jamais laissé tous les détails institutionnels de l’Eglise qu’il a fondée. Il revient aussi aux apôtres et à leurs successeurs de le faire dans le respect de sa parole et de son Esprit, le Paraclet, l’Avocat qu’il a promis d’envoyer et qui nous enseignera tout. Saint Jean s’essaie à dire quelle est l’identité du paraclet à travers l’apposition du verset 17 (ch. 14) : "(un autre paraclet)… C’est Lui l’Esprit de vérité…" Là encore comme pour la fonction d’assistance qui est fondamentalement celle de Jésus le Fils, l’Esprit de vérité renvoie à Jésus comme vérité (Jean 14:6). D’ailleurs, cet Esprit est accueilli par ceux qui croient au Fils comme vérité, mais pas par ceux qui refusent de croire, le "monde".
Son mode de présence : "Il sera en vous…" (Jean 14:17b : certains manuscrits lisent : "Il est en vous. ")…, mais "Il demeure (déjà) auprès de vous." Comment donc concilier déjà présence actuelle et don à venir ? Relisons Jean 7:39 : Il (Jésus) désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : En effet, il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié."
En la personne du Fils réside l’Esprit (voir la scène du baptême du Christ en Jean 1:33).
Frère Théodore LOKO