Méditation du Dimanche 9 Janvier 2011

Le baptême de Jésus dans le Jourdain constitue pour les quatre évangélistes la manifestation — « l’épiphanie » — la plus importante, au tout début de la vie publique du Christ (Mathieu 3, 13-17 ; Marc 1, 9-11 ; Luc 3, 21-22 ; Jean 1, 29-34). Les cieux s’ouvrent, le Père exprime sa prédilection pour son Fils et l’Esprit Saint, qui est l’Amour, manifeste visiblement cette complaisance. On pourrait dire que la fête du Baptême du Seigneur est la Pentecôte du cycle de la Nativité.

Les cieux s’ouvrirent pour que vous sachiez que, par le baptême, le ciel s’ouvre pour vous, que Dieu vous appelle à la patrie céleste et que vous ne devez plus avoir rien de commun avec la terre (saint Jean Chrysostome : homélie XII sur l’évangile selon saint Matthieu, 2). Si l’Esprit Saint descendit sur lui à son baptême, c’était pour le manifester, et non parce qu’il en avait besoin. C’était aussi afin de nous montrer que les dons du Saint-Esprit avaient leur terme et leur centre en lui. Et, en effet, après Jésus-Christ, la prophétie s’arrête, et c’est de Jésus-Christ que procèdent toutes les grâces qui sont répandues sur les fidèles, dans la mesure qu’il détermine lui-même (saint Justin : Dialogue avec Tryphon). Tandis que l’eau ne lave que l’extérieur, le Saint-Esprit, comme le feu, pénétrera au plus intime de vous-mêmes, il détruira tout ce qui est mauvais (saint Jean Chrysostome : homélie XI sur l’évangile selon saint Matthieu, 4). C’était la colombe qui, au jour du Déluge, avait apporté à Noé le rameau d’olivier, annonçant la paix à la terre ; c’est la colombe qui aujourd’hui annonce le vrai libérateur. Elle ne vient plus pour faire sortir une famille de l’arche, mais pour conduire au ciel toute la famille humaine ; au lieu du rameau d’olivier, elle apporte aux hommes l’adoption divine. N’abandonnons jamais la colombe pour suivre le serpent (Saint Jean Chrysostome). Ce n’est plus l’enfantement virginal annoncé par l’Ange, ni l’étoile conduisant les mages, ni les adorations rendues à l’enfant au berceau, ni le témoignage de celui qui baptise, ni la vertu du baptisé qui nous le révèlent : c’est le Père lui-même, parlant du haut du ciel, et disant « Celui-ci est mon Fils. » Son nom, son nom propre, c’est celui-là, « mon Fils » ; j’ai pu donner ce nom comme surnom à d’autres qui avaient déjà leur nom : son nom propre, c’est celui-là, « mon Fils » (saint Hilaire de Poitiers : « De Trinitate »).

Tout cela s’est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait (Saint Jean, I 28). Et Jean témoigna, en disant : « J’ai vu l’Esprit descendre, comme une colombe, venant du ciel, et il est demeuré sur lui » (Saint Jean, I 32).

Théodore LOKO

Publié le 9 janvier 2011.

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