
Première lecture : Isaïe 6,1-2a.3-8
Psaume : 137
Deuxième lecture : 1 Corinthiens 15,1-11
Acclamation de l’évangile : Mathieu 4,19
Evangile : Luc 5, 1-11
La liturgie de ce jour incite à interroger les écritures sur le type de projet de vie et de mission que Dieu propose à quelques-uns de ses disciples qu’il a choisis comme collaborateurs immédiats.
La première lecture nous montre que Dieu s’interroge pour savoir qui va-t-il envoyer à sa mission. C’est ainsi que Isaïe découvre sa vocation de messager du Seigneur.
La deuxième lecture, quant à elle, met l’accent sur la vocation de tout apôtre du Christ mort et ressuscité.
Dans l’Evangile, nous voyons que Jésus invite les pêcheurs, c’est-à-dire les gens simples, à entrer dans une relation de disciple avec lui, et ceux-ci le reconnaissent dès lors comme leur maître à partir du miracle de la pêche miraculeuse. Le miracle que Dieu opère dans notre vie doit être le début d’un cheminement. Il est important de revenir sur le sens de cette décision des disciples de Jésus.
Cette décision se traduit par un double détachement, et de leur métier et de leur réseau d’amis et de parents, qui n’est pas sans rappeler celui d’Abraham. Ce dernier détachement est sans aucun doute le plus difficile. Les liens d’affection, et surtout les liens du sang, définissent tout particulièrement l’être humain comme un être de relation avec les autres et lui permettent aussi de se reconnaître dans une individualité et une identité qui lui est unique. En appelant quelqu’un à devenir son disciple, Jésus ne veut pas nier ces relations affectives essentielles à la personne humaine mais il propose un nouveau type de relation qui se situe au niveau du sens même de l’existence. Nul ne peut entrer dans cette nouvelle relation sans d’abord donner sa foi à Jésus, tout comme jadis Abraham le nomade est devenu un pèlerin de la foi. Jésus révèle à celui qui prend le risque de marcher à sa suite quel projet Dieu a pour l’être humain. C’est en vivant comme son disciple et en écoutant sa parole que l’être humain acquiert la conscience d’être introduit dans une relation filiale avec Dieu et fraternelle avec les autres. Accepter de suivre Jésus ne signifie pas que le disciple doive renier ce que Dieu a voulu de bon pour lui. Le disciple fait plutôt le choix de se laisser conduire par Jésus au cœur même d’une existence humaine animée par la vie même de Dieu.
En travers de cet élan de l’appel et de la foi survient un obstacle. Celui du péché, ou plus exactement, celui de la conscience de notre péché. Notre indignité, parfois, nous paraît telle que nous doutons même de la miséricorde infinie de Dieu, au point d’avoir peur de face à face que nous vivons déjà avec Lui et que nous vivrons éternellement. Mais La vision de Dieu suppose une familiarité que le péché a rompue. Les disciples et les apôtres vécurent avec Jésus de Nazareth, trois années durant. Dieu lui-même s’est manifesté au sein de notre monde pécheur par son Fils incarné :”Et le Verbe s’est fait chair et nous avons vu sa gloire.” (Jean 1. 14)