Aujourd’hui et dimanche prochain, saint Matthieu nous propose deux paraboles sur la vigilance. Elles précèdent le récit de la Passion et portent un même message : <
Dans l’Evangile, parmi les jeunes destinées à former le cortège, cinq sont déclarées folles alors que les autres sont sages et prudentes. Chaque groupe a visiblement un sens allégorique : ils incarnent la folie et la sagesse au sens biblique (Cf. Première lecture)
L’objectif est de remettre les pendules à l’heure. Dans les paraboles de la vigilance, une décision doit être prise maintenant et elle est irrévocable. L’heure n’est donc pas à la fausse confiance un peu magicienne que le Seigneur finira bien par tout arranger. L’heure n’est pas non plus à la revendication face aux “mauvaises copines égoïstes” qui refusent de partager quelques onces d’huile avec de “gentilles amies distraites”.
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La folie au sens biblique, c’est la négation de Dieu, comme le dit le Psaume 14 : <
Saint Marc (13, 35) a une belle expression pour le dire : <
La leçon de cette parabole n’est pas invitation à une prévoyance d’ordre matériel : les « vierges folles » ne sont pas des cigales sermonnées par des fourmis revêches. Le sommeil et le réveil peuvent recevoir dans la littérature chrétienne une valeur symbolique assez claire : il peut s’agir d’une métaphore de la mort et de la résurrection à laquelle l’homme est promis (Cf. deuxième lecture). Les « vierges avisées » s’endorment et, au réveil, elles sont prêtes parce qu’elles avaient eu soin, avant de s’endormir, de se munir du nécessaire. Il faudrait peut-être élucider ici la signification des lampes, et de l’huile. La lampe est ce qui permet de voir dans les ténèbres, grâce à l’huile qu’on y met. Cette huile est l’élément indispensable donc, elle permet d’éclairer les pas de la vierge sage allant vers l’Epoux. L’huile dont l’homme doit se munir pour se préparer à la rencontre de l’Epoux est donc ce qui peut éclairer son chemin vers Dieu, et donc notamment la Parole elle-même. En fait, on peut aller jusqu’à penser que le texte dit sa propre valeur, et celle des Ecritures comme moyen indispensable d’éclairer la route de l’homme vers Dieu.
Le texte suggère donc que le salut est offert à tous ceux qui croient et espèrent activement, à ceux qui ne négligent pas de scruter les Ecritures pour éclairer leur route, à ceux qui désirent la venue de l’Epoux avec comme seule certitude qu’elle est imprévisible, mais promise…
Théodore C. LOKO