
En ce temps d’avent, le message dominant porte sur l’espérance.
La première lecture, tirée du Livre de Baruch, reprend plusieurs siècles après le rédacteur du psaume 125, les mêmes images : Dans un nouveau climat de persécution, il témoigne de la même espérance. La paix, la joie sont liées à la justice, c’est-à-dire à la sainteté, à l’ajustement de nos vies à l’amour et à la volonté de Dieu.
Tout comme Isaïe, Baruch prêchait donc dans une période de découragement et de morosité : voilà une belle leçon de foi et d’espérance pour nous (tous les drames de notre temps, quels qu’ils soient, ne doivent pas entamer nos énergies) et notamment dans notre préparation pour Noel.
Celui qui est venu, ignoré par les puissants de son temps, n’en reste pas moins “plénitude pour la gloire et la louange de Dieu.” (Philippiens 1. 11)
Il reviendra dans la gloire et il nous conduit à notre achèvement (Philippiens 1. 4)
A nous donc, dans une attente vigilante, de progresser grâce à notre amour. Nous n’apporterons paix et joie à nos frères qu’en vivant, avec eux et pour eux, cette justice, cet ajustement de nos vies à l’amour et à la volonté de Dieu, ce qui est véritablement « l’intelligence du cœur. »
Dans cette croissance du monde nouveau qui ne sera plus bâti que sur l’amour, nous avons notre rôle à jouer : car l’œuvre de Dieu et l’œuvre de l’homme ne sont pas en concurrence ! Au contraire il s’agit d’une collaboration. Ce qui revient à dire : nous faisons notre petit possible, Dieu fait le reste.
De son côté, en rappelant ce retour dans la gloire, saint Luc, comme saint Matthieu et saint Marc cite explicitement une parole du prophète Isaïe. Ce n’est pas une parole quelconque. C’est l’ouverture, dans le recueil prophétique, du “Livre de la Consolation”. “Consolez, consolez mon peuple.” (Isaïe 40. 1) Cette citation reprise par Jean le Baptiste doit donc être mise dans son contexte. Le prophète annonce que le Peuple, emmené en exil après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 avant J.C., reviendra sur sa terre. Et ce sera une merveille de Dieu.
Le psaume 125 le chante. Le Peuple est libéré du bannissement et de la dispersion. Dieu est tellement lié, par son alliance indéfectible, à son Peuple que la résurrection du Peuple est comme un retour de Dieu. En ramenant son Peuple, c’est Dieu lui-même qui s’annonce et se manifeste :”Les rires jaillissaient de nos lèvres. Nous poussions des cris de joie. Et l’on disait dans les autres nations (les païens) : quelles merveilles le Seigneur fait pour eux !”
Reste que, pour ce retour de Dieu, la route doit être déblayée ; les passages tortueux doivent être rectifiés. L’appel à la conversion est ainsi donc clair, c’est ce à quoi Jean le Baptiste nous invite (Voir Evangile).