Méditation du Dimanche 5 Février 2012

Nous poursuivons l’évangile de saint Marc et nous sommes toujours le jour du sabbat, ce même jour où Jésus avait chassé un esprit impur d’un homme (évangile de dimanche dernier.) 
« Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. » Jésus guérit la belle-mère de Simon, et déjà sa réputation est faite car dès le coucher du soleil qui marque la fin du sabbat, on lui amène des malades. Le sabbat est réservé à l’étude de la Torah et à la prière, c’est pourquoi les juifs attendent la fin du sabbat pour demander à Jésus de guérir des malades. En effet, chez les juifs, la journée commence la veille au soir et se termine au coucher du soleil.
« il chassa beaucoup d’esprits mauvais, et il les empêchait de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » Comme dans l’évangile de dimanche dernier, où l’esprit mauvais avait reconnu Jésus (« Je sais qui tu es : le Saint de Dieu »), les esprits savent qui est Jésus. Malgré cela, Jésus les fait taire : pourquoi ? Probablement parce que les habitants de Capharnaüm ne sont pas prêts à entendre cette révélation. Jésus va de même toujours demander de ne pas parler à ceux qu’il guérit. Cela fait partie du plan de Dieu, de se révéler petit à petit sans s’imposer, de laisser une place à notre démarche de foi, en toute liberté : c’est ce qu’on appelle le secret messianique. Les miracles ne sont que le signe que le règne de Dieu est déjà là. Mais le risque est de repartir guéri sans avoir rencontré Dieu.

Nous voyons dans la première lecture par la bouche de Job que « La vie de l’homme sur la terre est une corvée. […] Je n’y ai gagné que du néant. […] Ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur. » Tel est le constat lucide qu’il fait de la condition humaine. Malheurs, souffrances, et pour finir, la mort éternelle (« mes yeux ne verront plus le bonheur »).

C’est donc notre humanité malade, ici figurée par la belle-mère de Simon alitée, sans force et en proie à une fièvre mortelle, que Jésus est venu prendre par la main pour la faire lever, la ressusciter, lui donner la vraie vie, la Sienne, qui est une vie de communion, d’amour, et donc de service. Voilà la Bonne Nouvelle qu’à la suite de Jésus, de Saint Paul et de tous les Saints, l’Église a mission de proclamer en chassant les esprits mauvais. Le pape Benoît XVI vient de nous indiquer quelques outils efficaces pour chasser les mauvais esprits : La réconciliation au service de la justice et de la paix. Et la paix est bien sûr un comportement. Le bon comportement comme l’annonce de la Bonne Nouvelle est un devoir.

Nous voyons bien que dans la deuxième lecture Saint Paul ne se glorifie ni d’évangéliser, ni de le faire sans rechercher aucun avantage matériel, ni même d’être tout spécialement mandaté par Dieu pour cela. Il ne met sa gloire ni en lui-même ni en ses mérites, mais dans le seul Évangile qu’il annonce. Sa gloire est seulement d’y avoir sa part, et c’est dans ce but qu’il évangélise, tant « évangéliser » et « être sauvé » sont pour lui indissolublement liés… Le malheur serait que, manquant d’évangéliser, il manque son propre salut… « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » Il écrit dans l’épitre aux Romains :

« Si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur en croyant que Dieu L’a ressuscité, alors tu seras sauvé. Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut »… On ne peut pas connaître une bonne nouvelle valable pour tout le monde et se taire ! Peut-on imaginer un patriote apprenant la capitulation des armées ennemies ne pas courir, fou de joie, l’annoncer à ses concitoyens prisonniers de la terreur ?

Théodore C. LOKO
Ambassadeur

Publié le 5 février 2012.

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