Méditation du Dimanche 4 Septembre 2011

Les trois textes de ce jour résonnent comme un appel insistant à la responsabilité morale. Celle-ci ne porte pas seulement sur notre attitude personnelle devant la Loi, mais s’étend au comportement de nos frères dans la foi : nous sommes coresponsables devant Dieu de leurs agissements. Dans un sens plus contextuel, l’Evangile nous enseigne bien davantage. Cette péricope est extraite de l’instruction sur la vie communautaire que le Seigneur prodigue au groupe de compagnons qu’il a appelés à sa suite. Jésus y met longuement et sévèrement en garde contre toute forme de scandale qui ferait trébucher un de ceux qui ont mis en lui leur foi. La raison de cette insistance ? « Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perde » (18, 14).
C’est donc au nom de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants, que nous sommes invités à tout mettre en œuvre pour aider les égarés à revenir dans le droit chemin. L’exercice de la charité ne vise donc pas seulement à construire la communauté rassemblée autour de la Parole du Christ, mais encore à sauvegarder « l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4,3) en mettant tout en œuvre pour réintégrer les égarés. Une authentique coresponsabilité et un leadership de participation se vivent dans un esprit d’humilité, d’écoute et de respect des autres, de liberté et de confiance. La coresponsabilité évangélique est incompatible avec l’esprit de domination, de rivalité, de recherche d’influence ou d’intolérance. Un véritable partage des responsabilités repose sur la reconnaissance de l’égale dignité des baptisés, sur le respect de la diversité des charismes et des dons de l’Esprit au service de la Mission : "annoncer l’Évangile" (1Co1,17) et "rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés" (Jn 11.52).
L’annonce de l’Évangile est la responsabilité de tous les baptisés : des prêtres, des diacres et des laïques. Dans chacun, l’Esprit de Dieu est agissant. Mettre en œuvre la coresponsabilité dans tous les secteurs de la vie pastorale est un signe d’espérance pour notre Église. C’est par ce signe que notre communauté ecclésiale sera Église communion, tout entière ministérielle. Église servante.A la question de Caïn « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9), Jésus répond comme au prophète Ezéchiel (1ère lecture) : « “Je fais de toi un guetteur” : veille jalousement à ce qu’aucun de ces petits que le Père aime et pour lesquels j’ai versé mon Sang, ne se perde ».
A l’heure où le relativisme moral ou le syncrétisme doctrinal s’est infiltré jusqu’au cœur de nos communautés chrétiennes, une telle attitude n’est guère facile à mettre en pratique.
Le risque est grand de nous faire accuser de moralisme, de fanatisme, d’intolérance et que sais-je encore ! Pourtant la Parole de Dieu est claire : nos silences complices nous conduisent à partager la responsabilité des égarés.

Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin près le Vatican

Publié le 4 septembre 2011.

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