En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui. Ala question de savoir << crois tu au fils de l’homme>>, l’aveugle né répondit à Jésus : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je crois en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois Seigneur. » Et il se prosterna devant lui.
« Ni lui, ni ses parents. » Jésus est formel, la maladie n’est pas le fruit du péché. Déjà, le livre de Job vise à détruire cette idée tellement ancrée dans la mentalité de l’époque, et qui persiste encore aujourd’hui, quand on entend par exemple : « Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter une chose pareille ? » Notre Dieu ne distribue pas des punitions et des récompenses selon nos mérites. Cela n’explique en rien le problème du mal mais indique déjà les mauvaises pistes.
« Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui. » Jésus, après avoir dit que la maladie n’est pas liée au péché, annonce qu’elle permet à la grâce de se manifester. Nous avons tous des maladies, physiques, psychiques ou spirituelles. Jésus veut se servir de nos pauvretés, de nos manques pour nous donner sa lumière, qui va éclairer toute notre vie. Ainsi, nos blessures sont des portes d’entrée à la vie divine, et d’un mal peut sortir un plus grand bien. Si nous étions parfaits, nous ne ressentirions pas le besoin d’être comblé par Dieu. Dieu nous crée avec des carences qui nous rappellent que nous avons besoin d’être sauvés.
Les Pharisiens dirent à l’aveugle : « Toi, que dis-tu de lui, de ce qu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Les Juifs ne crurent pas qu’il eût été aveugle tant qu’ils n’eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.« Dieu s’adresse au cœur de l’homme, Il le fait dans une gratuité totale, un don surabondant d’Amour qui établit avec nous une nouvelle relation d’amour. L’action de Dieu a réveillé cet homme aveugle qui peut bondir ! Il voit la vie sous un tout autre angle : Il voit la vie dans la lumière, dans la beauté, dans l’amour de celui qui l’a guéri. Telle est notre foi en Dieu qui réalise toute chose nouvelle. Cette vision nouvelle va provoquer autour de cet ancien aveugle une grande contestation. L’entourage est bousculé, cet homme interrogé donne une bonne réponse. Comment pouvez-vous dire que cet homme qui m’a guéri est un pécheur puisqu’il m’a ouvert les yeux ! Nous nous mettons à l’école de cet homme qui affronte les pharisiens, ses propres parents, sa propre solitude. Jésus lui a apporté une relation toute renouvelée au Dieu-Amour. Il nous manifeste combien Dieu est le Dieu de tendresse qui regarde le cœur. Il nous faut renaître sans cesse à ce nouvel amour. En ce temps de carême, où nous nous préparons à notre conversion, le thème central reste la foi et la non croyance avec le baptême comme l’action de Dieu qui nous choisit (Cf. première lecture) comme enfants de lumière (deuxième lecture). La leçon étant que nous devons rester éveillés dans le feu de l’esprit, dans la prière et l’action de grâce.
Théodore C. LOKO