Méditation du Dimanche 27 Mars 2011

Dans la première lecture, les fils d’Israël avaient accusé le Seigneur, et l’avaient mis au défi, en disant : « Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas ? » Mais le Seigneur leur a prouvé sa présence. En effet, le peuple avait soif et récriminait contre Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Etait-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant eux, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! » Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël. Le Seigneur nous donne à boire même en zone aride prouvant ainsi sa proximité. A nous donc de ne pas fermer notre coeur et d’écouter sa parole comme nous l’y invitaient l’Evangile de dimanche dernier et le psaume de ce jour.

Comme nous le dit si bien la deuxième lecture, s’il a accepté de mourir pour nous sur la croix, quelle limite pourrait encore avoir son amour pour nous ? Tout dépend de notre foi et de sa manifestation. Dieu ne peut pas nous sauver sans nous.

Le décor mis en place par les textes liturgiques décrit bien la proximité de Dieu et le dialogue entre Dieu et nous. Au centre, un seul homme, une seule femme, un peu comme dans la Genèse. Pas d’arbre ni de serpent, pas de fruit défendu. Mais deux êtres que tout sépare. Et une soif, un désir de Dieu, une promesse d’eau vive, les lient progressivement. Une vérité se fait, qui vient à la lumière de Dieu. Un dévoilement et une reconnaissance sont en marche. Et enfin, dans leur mémoire, dans leur histoire, comme tout autour d’eux, se dressent de grandes figures qui donnent sens et profondeur à leur rencontre. Pour une pièce de théâtre on peut penser à quatre grands panneaux peints entourant le puits.

« Notre père Jacob », petit-fils d’Abraham, père de douze fils, à la tête de chacune des douze tribus d’Israël. Comme les douze apôtres choisis par Jésus, fils de David, pour la nouvelle alliance.

Moïse est là aussi, lui qui frappa le rocher au désert sur l’ordre de Dieu, et l’eau jaillit pour que le peuple puisse boire et vivre. La mémoire qui vient de l’avenir aussi : l’eau que Jean voit couler du côté du Christ en croix. L’eau du baptême dans l’Eglise, pour passer la mort et entrer dans la vie éternelle.

Jusqu’au bout de l’Apocalypse où Jean voit encore couler « l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. »

Il ne nous reste plus qu’à entrer dans la scène, physiquement, corporellement. Avec notre soif et notre faim. Avec notre méfiance incorrigible, mêlée à notre réel désir de Dieu. Avec le repli des ombres auxquelles nous tenons tout en désirant vraiment venir à la lumière pour entendre la promesse d’eau vive, pour consentir à la rencontre du Sauveur du monde sur notre propre terrain et nous exposer enfin à sa lumière.

Théodore C. LOKO

Publié le 27 mars 2011.

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