
La Sainte Famille nous a laissé un modèle. Nous voyons Marie qui donne à Jésus un corps et son amour. C’est elle qui au travers de l’enfantement, en a fait l’homme qu’Il est. Au jour le jour de la vie familiale, le bébé, le petit enfant, l’enfant, l’adolescent, va recevoir de Marie, ce que tout être reçoit de sa mère. Le sourire de la vie, l’exemplarité du devoir à accomplir, la délicatesse dans la vie quotidienne, la réalisation de la Parole de Dieu au travers des faits et gestes d’une femme.
Joseph, le père qui adopte cet enfant avec amour, patience et sens des responsabilités, lui donne le métier de charpentier. Il lui apprend les gestes méticuleux, laborieux de l’homme qui sculpte les matériaux, les ajuste avec précision, les fait devenir utiles et beaux. Joseph lui apprend à parler aux hommes, avec les hommes. Au travers des souhaits à réaliser, au travers des discussions pour le prix du travail, au travers des impatiences du demandeur, Joseph apprend à Jésus le sens de la vie parmi les hommes.
Le soir, en famille, l’enfant, l’adolescent, le jeune homme, se retrouve avec ses parents, avec ses cousins et cousines. Il rejoint les jeunes qui chantent sur la place du village. Ils parlent, ils se réjouissent, ils s’attristent de la mort d’un proche. Jésus partage ainsi la vie de la famille de Marie et de Joseph. Et par sa famille, la vie de tout son entourage. C’est déjà cela la Sainte Famille.
Mais il y a en plus quelque chose de mystérieux que seule la foi permet de comprendre.
A douze ans et lors du pèlerinage à Jérusalem, l’heure est venue pour Jésus de cette conscience intérieure qu’il est fils, Fils de Dieu. C’est pourquoi il répliquera à ses parents interloqués : « Comment se fait-il que vous m’avez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon père que je dois être. » Jésus perçoit, ou plutôt le Père se fait percevoir comme étant son lien de vie, plus fort qu’un lien de sang ou de cœur. Ils sont unis dans le même être et Jésus le manifeste en pleine conscience : « C’est chez mon père que je dois être ».
Rien n’était accidentel et Jésus vient simplement manifester la liberté de la foi qui ne peut s’entraver de liens exclusifs quel qu’ils soient.
En cette fête de la famille, quelle découverte de savoir que nous ne comprenons pas tout de ce que nos enfants nous disent et que nous réagissons comme Joseph et Marie. Quelle découverte de savoir, qu’en la foi, Dieu nous invite à une liberté d’amour, pour le conjoint, les enfants, sans irresponsabilité ; une liberté d’amour qui génère l’amour et sa patience jusqu’à ce que nous percevions que Dieu s’y était rendu présent jusqu’à être Père.
Que chacun soit fort de cette foi du Christ–Jésus pour que la famille soit forte de Dieu.