Méditation du Dimanche 26 Juin 2011

La fête du corps et du sang du Christ termine le cycle annuel des grandes célébrations de notre liturgie : Pâques, Ascension, Pentecôte, Trinité. Autrefois, on appelait cette célébration Fête-Dieu, soulignant le sacrement de l’immense amour de Dieu pour notre humanité en quête de rédemption.

Cette grande fête donnait lieu à une longue procession folklorique à travers nos villes et villages. Dans un monde pluraliste, la procession a presque complètement disparue mais il est bon de nous rappeler le sens très riche de cet événement : il soulignait la présence de Dieu dans la vie quotidienne. Notre foi n’est pas une religion de sacristie, de cercle fermé, mais à une religion qui invite ses membres à vivre les valeurs du Christ dans la vie de tous les jours, dans les rues où on préparait les reposoirs et où le Seigneur passait. Malgré nos problèmes, nos maladies et nos conflits de toutes sortes, les fleurs et les décorations signifiaient que le christianisme pouvait embellir la vie quotidienne.

La liturgie de ce jour nous enseigne que Dieu n’est pas seulement engagé dans l’histoire de son peuple, dans l’histoire de l’humanité. Il lui donne aussi la nourriture dont il a besoin à chaque instant. Dans le désert, il déverse sur le peuple la manne (1° lecture), la nourriture envoyée du ciel, qui annonce, dans une lecture chrétienne, le vrai pain de vie qu’est Jésus (évangile), celui qui construit son corps, l’Église (2° lecture).

Le désert, dans la Bible, est le symbole de la foi pure. La faim physique s’y transforme en occasion de confiance en un Dieu qui satisfait pleinement. Mais plus tard, dans une société prospère et consommatrice, le peuple oublia Dieu. C’est alors que les discours de Moïse furent redécouverts et prirent tout leur sens. “ L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu ” (Dt 8,3), disait déjà Moïse, dans des mots que les Évangiles (Mt 4,4 ; Luc 4,4) mettent sur les lèvres de Jésus dans sa réponse au tentateur à la fin de ses quarante jours de jeûne au désert. Dieu est toujours présent aux côtés du peuple. Il lui donne le pain de sa parole et l’eau de la vie éternelle. Même dans le désert !

Que Jésus-Christ se fasse nourriture pour l’humanité, de nombreux signes l’annonçaient. Il y a bien-sûr la manne qui nourrit les hébreux au désert, ‘le pain des anges qui descend du ciel’. Il y a encore le miracle accompli par Elisée en faveur de la veuve de Sarepta, à qui la farine et l’huile ne manqueront pas durant la famine. Mais surtout, les récits de la Nativité attirent notre attention sur ce point. L’Emmanuel, Dieu-avec-nous, est né à Bethléem (maison du pain, en hébreux) et ce petit enfant a été couché dans une mangeoire.

L’eucharistie est un arrêt hebdomadaire sur le chemin de notre pèlerinage terrestre. C’est le sacrement des nomades que nous sommes. De dimanche en dimanche, nous nous rassemblons afin d’écouter la parole du Seigneur et reprendre des forces pour la semaine qui vient.

L’eucharistie est pour nous une nourriture de transformation et de croissance. Si elle ne nous permet pas de croître, c’est que quelque chose ne fonctionne pas dans notre métabolisme religieux.

Théodore C. LOKO

Publié le 26 juin 2011.

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