Méditation du Dimanche 25 Octobre 2009

Dimanche dernier, Jésus nous était présenté comme le « Serviteur souffrant » (Isaïe 53. 10 et 11). Aujourd’hui, la deuxième lecture nous le présente sous deux figures bibliques, Aaron et Melkisédek. Mais le lien entre le serviteur souffrant et le prêtre qui fait de Jésus un prêtre différent des autres est beaucoup plus à rechercher dans la première lecture et l’Evangile.
La première lecture est extraite d’un texte écrit par Jérémie resté à Jérusalem, pour lutter contre le désespoir de ses compatriotes. Il annonce le grand retour des exilés « Voici que je les fais revenir du pays du Nord, que je les rassemble des extrémités du monde... C’est une grande assemblée qui revient. » En effet, l’Evangile se rapproche de la première lecture en ces termes : « Le Seigneur sauve son peuple, le reste d’Israël... Il y a même parmi eux l’aveugle et le boiteux ». (Jr 31).
Nous lisons dans l’Evangile : ‘’Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? Rabbouni, que je voie. » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route. Cette guérison miraculeuse d’un aveugle à ce moment précis résonne donc sûrement comme une révélation de l’identité véritable de Jésus. C’est un aveugle, qui, le premier, sait ouvrir les yeux pour appeler Jésus « Fils de David » (l’un des titres du Messie) ; et, dans l’évangile de Saint Marc, cette guérison est suivie aussitôt de l’entrée triomphale à Jérusalem, où Jésus est acclamé comme le Messie : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur. Béni soit le règne qui vient, le règne de David notre père. » Marc précise que l’aveugle s’est levé d’un bond pour venir près de Jésus. Lui, l’humble, s’est, le premier, réjoui dans le Seigneur... Le pauvre, le mendiant, a exulté à cause du Saint d’Israël et est entré à sa suite dans Jérusalem. Les miracles que Dieu fait chaque jour dans notre vie ne sont ils pas aussi des invites à le suivre ? Le miracle doit donc s’analyser comme le début d’un cheminement et pas comme une fin en soi.

Frère Théodore LOKO

Publié le 25 octobre 2009.

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