Méditation du Dimanche 25 Décembre 2011

Nous avons entendu dans la première lecture de la messe de la nuit : “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre, une lumière a resplendi, chantait le prophète Isaïe, il y a 2700 ans. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ;... On proclame son nom : Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-paix.”

Pour nous qui l’accueillons ensemble, cet enfant est pourtant tout autre que celui que les gens attendaient. On attendait un roi vainqueur des Romains. Jean Baptiste attendait un prince vengeur, qui punirait par le fouet et le feu tous les infidèles qui peuplent la terre. “La cognée est à la racine des arbres, criait-il, au désert. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.” (Matthieu 3, 10) Toute l’humanité avait de quoi trembler devant la prédication de Jean Baptiste. Mais l’Enfant qui naît aujourd’hui est vraiment tout autre. Cet enfant est lui-même le don de Dieu aux nations ; il est le don de l’amour fait à l’ensemble des nations.

A ce sujet, écoutons les orientations de Benoît XVI pour l’accueil du Messie.

Alors que s’approche la fête de Noël beaucoup se demandent comment accueillir dignement le Fils de Dieu qui vient demeurer parmi nous. Comme Marie écoutons et accueillons la Parole, faisons silence et laissons Dieu vivre en nous. Soyons sans crainte, acceptons de nous abandonner avec confiance entre les mains de notre Dieu et avec Marie redisons « Que tout se passe pour moi selon ta parole » ! Que le bruit et l’agitation de la préparation de Noël n’empêchent pas de voir et de comprendre l’essentiel : Dieu vient sauver son peuple !

Jésus lui-même ne nous a t’il pas dit la même chose à travers Marie et Marthe ?

Comme ils étaient en route, il entra dans un village et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur nommée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe s’affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma soeur m’ait laissée seule à faire le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. »

L’évangéliste Luc vient nous mettre en garde, par ce récit, contre l’activisme qui nous guète tous. Le risque que nous courrons, même au nom de la charité, d’être « accaparé par les multiples occupations du service » (Luc 10,40) et de ne plus avoir le cœur disponible pour la parole de Dieu, pour le cœur à cœur avec Dieu. Être disciple du Christ, ce n’est pas d’être une éolienne qui brasse beaucoup de vent pour produire un peu d’énergie (en risquant de nous trouver à bout de souffle incapable d’agir). Le disciple du Christ est celui qui découvre sans cesse qu’il ne puise la force de son action que dans le cœur à cœur avec Dieu. Mais il est aussi celui qui découvre que son action, faite au nom du Christ, le conduit dans le cœur à cœur silencieux de la prière et de l’adoration.

Théodore C. LOKO
Ambassadeur

Publié le 25 décembre 2011.

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