Méditation du Dimanche 25 Avril 2010

La parabole du pasteur nous mène sur le chemin de l’identité de Jésus : l’unité du Père et du Fils. (Jean 10. 30) Jésus dépasse l’annonce prophétique où le pasteur a reçu une mission de la part de Dieu. Il est le pasteur parce qu’il est Dieu lui-même venu parmi les hommes. Et c’est ainsi qu’il unit en lui toute la tradition biblique : c’est bien le Père qui est le pasteur de son peuple. Les brebis sont dans la main du Père (Jean 10. 29). Elles sont tout autant dans la main du Fils : « Personne ne les arrachera de ma main. »

Au travers de ces affirmations, c’est la réalité trinitaire qui nous est révélée en même temps que son unité. Il ne s’agit pas d’en rester à une pieuse et bucolique méditation sur la bonté de Dieu. Il nous faut vivre cette réalité et faire de notre vie une véritable liturgie comme nous y invite l’Apocalypse. Reprenant à son compte l’image du berger, Jésus tient la place même du Seigneur Dieu, tel que les prophètes et les psaumes l’ont reconnu. Dieu seul est le pasteur légitime d’Israël puisqu’il l’a choisi pour être son peuple.

Il en transmet la charge à Moïse pour le mener hors de la terre de servitude, pour lui donner une direction de vie par la Loi et lui assurer une nourriture par la manne. Il lui donne même de le connaître par son nom.

Par delà les rois dont la plupart ne furent pas de bons pasteurs, Dieu promet qu’il ne laissera pas sans fin son peuple dispersé comme des brebis sans pasteur et le prophète Ezéchiel (chapitre 34) transmet cette certitude : il viendra lui-même prendre soin de son troupeau tout entier et de chaque brebis en particulier. « Voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau. »

La figure du pasteur que nous donne l’extrait choisi pour ce dimanche nous met sur le chemin du Christ pascal. En effet, le passage précédent nous donnait la première face de ce mystère : Jésus donnant sa vie : « Personne n’a pu me l’enlever, je la donne moi-même. » Jésus donnant la vie parce qu’il nous connaît : « Je les connais, elles me suivent, je leur donne la vie éternelle, jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. » (Jean 10. 27 et 28) Nous sommes tout près de la prière sacerdotale du soir du jeudi saint : »Pour eux je me consacre moi-même afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés en vérité. » (Jean 17. 19) Le bon pasteur doit d’abord connaître ses brebis et se faire connaître d’elles, créer les relations qui établissent l’accord et la mutuelle pénétration ; la connaissance qui en procède est l’amour, et elle n’est une connaissance que parce qu’elle est amour.

Frère Théodore LOKO

Publié le 25 avril 2010.

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