La fête de Pâques nous donne de nous poser des questions essentielles sur l’au-delà et la liturgie de ce jour nous y aide. ‘’C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet.’’ Toutefois, la foi dans le Christ transforme cette énigme en la certitude d’une vie sans fin. De fait, Jésus a déclaré qu’il a été envoyé par le Père "pour que tout homme qui croit en lui ne meure pas, mais obtienne la vie éternelle" (Jean 3, 16), et aussi : "la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour" (Jean 6, 40). En référence à l’Écriture Sainte, l’Église professe donc sa foi dans la vie éternelle, par ces mots contenus dans (lire la suite) le Symbole de Nicée-Constantinople : "J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir."
Dans l’Evangile, nous lisons que le disciple arrivé le premier sur les lieux de la résurrection vit et crut.
« Il vit et il crut. Jusque là, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts... » C’est parce que Jean a cru que l’Ecriture s’est éclairée pour lui : jusqu’ici combien de choses de l’Ecriture lui étaient demeurées obscures ; mais parce que tout d’un coup il donne sa foi, sans hésiter, alors tout devient clair : il relit l’Ecriture autrement et elle lui devient lumineuse. C’est Marie-Madeleine qui a assisté la première à l’aube de l’humanité nouvelle. Marie-Madeleine la pécheresse... elle est l’image de l’humanité tout entière qui découvre son Sauveur. Mais, visiblement, elle n’a pas compris tout de suite ce qui se passait : là aussi, elle est bien l’image de l’humanité. Ce n’était pas évident vu le contexte. La première lecture montre que c’est un mystère total (la plénitude du sens de l’avènement du Christ) quand la deuxième lecture met l’accent sur la nouvelle vie. D’où l’importance de notre baptême basé sur notre foi au Christ, mort et ressuscité. La foi dans la résurrection des morts, qui est un élément essentiel de la révélation chrétienne, implique une vision spécifique de l’événement inéluctable et mystérieux de la mort. La mort est la conclusion de la phase terrestre de la vie humaine, mais "pas de notre être", puisque l’âme est immortelle. S’il est vrai que la mort est un phénomène naturel, il apparaît aussi qu’elle correspond au "salaire du péché" (Romains 6, 23). De fait, selon une interprétation authentique des affirmations contenues dans la Sainte Écriture (cf. Genèse 2, 17 ; 3, 3 ; 3, 19 ; Sagesse 1, 13 ; Romains 5, 12 ; 6, 23), le Magistère de l’Église "enseigne que la mort est entrée dans le monde à cause du péché de l’homme". Jésus, le Fils de Dieu, "né d’une femme, sujet de la loi juive" (Galates 4, 4), a lui aussi subi la mort, qui est propre à la condition humaine ; et tout en éprouvant de l’angoisse face à elle (cf. Marc 14, 33-34 ; Hébreux 5, 7-8), "il l’accepta en se soumettant sans réserve et librement à la volonté de son Père. L’obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction" de sorte que la foi en la parole de Jésus et en sa résurrection donne au chrétien la conviction que la mort n’est pas la fin de tout. Avec la résurrection du Christ, la vie triomphe de la mort.
Théodore C. LOKO
Ambassadeur