
Comme annoncé dimanche dernier, après la vocation de Jésus à son baptême, nous voyons encore dans la liturgie de ce jour celle des premiers disciples. Nous avons lu le récit de leur appel la semaine dernière en Saint Jean et ce dimanche en Saint Marc.
La liturgie de ce jour nous enseigne la particularité de notre ère et les enseignements y relatifs. La première partie de l’appel du Christ marque bien l’entrée dans une ère nouvelle, l’ère chrétienne :
« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. » Nous retrouvons dans les autres lectures cette importance du temps : « Encore quarante jours… », dit Jonas, tandis que Paul affirme que « le temps est limité » ou encore selon une autre traduction que « le temps se fait court ». L’annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu se fait donc dans notre temps, dans un moment bien déterminé de notre histoire. Avec Jésus c’est l’éternité de Dieu qui s’insère dans notre temps pour lui donner une nouvelle valeur. Et c’est bien dans ce cadre temporel que retentit dans nos trois lectures l’appel à la conversion, au changement de cœur et de vie : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Notons bien la différence entre la prédication de Jonas et celle de Jésus. Jonas utilise la menace : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Jésus, lui, appelle à la foi. Et cela à cause non pas d’une mauvaise nouvelle qui provoque la peur, mais d’une Bonne Nouvelle qui devrait provoquer la joie !
C’est immédiatement après cette première prédication que le Seigneur appelle à lui quatre hommes pour qu’ils soient ses apôtres : quatre pêcheurs… Simon, André, Jacques et Jean. Leur mission est claire : ils seront désormais pêcheurs d’hommes. Ils devront se faire les porte parole de cet appel du Seigneur à la conversion. Dieu seul, par sa grâce, a le pouvoir de changer le cœur d’un homme. L’apôtre est envoyé pour favoriser en tout homme cet accueil de la grâce de Dieu. L’apôtre est un peu comme un « Jean Baptiste », il est là pour préparer les chemins du Seigneur. Et bien souvent le Seigneur a déjà travaillé par le don de son Esprit cet homme ou cette femme que l’apôtre évangélise. C’est dire que si l’apôtre doit appeler à la foi en Jésus Sauveur, il ne peut le faire sans, en même temps, faire un acte de foi en la présence de l’Esprit Saint au cœur de cette humanité vers laquelle il est envoyé.
Pour répondre à l’appel de Jésus, ces quatre hommes doivent laisser derrière eux bien des choses… Leurs filets, c’est-à-dire leur métier et leur gagne pain. Leur père avec ses ouvriers, c’est-à-dire leur famille et leur entourage. Et c’est à la lumière de cette exigence que nous pouvons mieux comprendre ce que saint Paul nous demande dans la deuxième lecture : « Dès lors, que ceux qui tirent profit de ce monde soient comme s’ils n’en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer. » Ce que l’apôtre nous demande à la suite de Jésus, c’est de ne pas être dupes, de ne pas nous faire d’illusions. Car non seulement nous sommes dans les derniers temps, mais nous savons aussi que nous ne sommes ici-bas que de passage. Et que notre mort viendra mettre un point final à notre existence dans le temps et dans l’histoire de ce monde. Saint Paul nous demande donc de vivre notre vie terrestre et temporelle à la lumière de l’éternité de Dieu.
Théodore LOKO, Ambassadeur