Dans l’Evangile du jour, Jésus dit à la femme adultère : ‘’Personne ne t’a condamnée. Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus’’. Le passé, c’est du passé. Il faut se lancer vers l’avenir. Voilà le message de la liturgie de ce cinquième dimanche de carême. Il nous est demandé d’oublier notre passé de pécheurs pour nous orienter de toutes nos forces, avec la grâce de Dieu vers un avenir glorieux, dans un face à face avec Dieu qui nous transforme.
‘’Tous partent. Jésus est seul avec la femme pécheresse.’’ C’est le face à face, comme dit saint
Augustin, de la Miséricorde de Dieu et de la misère. La Miséricorde de Dieu va inviter cette femme pécheresse, miséreuse à aller vers l’avant, à divorcer d’avec son passé et à s’orienter de toutes ses forces vers la rencontre avec Dieu.
C’est exactement la démarche que nous indique saint Paul dans la deuxième lecture : ‘’oubliant ce qui est arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus’’. L’image de la course est fréquente dans la théologie de saint Paul. Elle traduit bien la situation d’un chrétien. Un coureur ne regarde pas en arrière. Ce qui l’intéresse, c’est le point final, le but à atteindre. Un chrétien également doit se lancer vers ce but final. Saint Paul attire bien l’attention des Philippiens : ‘’Je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus’’. Depuis le jour où il a été saisi par le Christ Jésus sur le chemin de Damas, il a voulu rompre avec son passé. Il considère tout comme des balayures (c’est-à-dire ses anciennes coutumes, ses anciennes lois), comme des choses qui n’ont pas d’importance pour se donner totalement au Seigneur. Sa rencontre sur le chemin de Damas l’a libéré de l’idolâtrie de la loi et de ses vieilles pratiques.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe dit la même chose aux juifs exilés à Babylone : ‘’ Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez vous pas ? ‘’.
Ainsi, en ce temps de carême, Dieu nous invite à nous tourner vers l’avenir.
Oublier le passé, c’est ne pas s’y attarder. C’est nous libérer de toute rancune, de tout ressentiment pour arriver à nous pardonner en toute sincérité les uns les autres en nous fixant sur l’avenir.
Oublier le passé, c’est également prendre la ferme décision de nous dépouiller de notre vieil homme pour devenir une créature nouvelle en allant de toutes nos forces, avec la grâce de Dieu vers le but final puisque nous avons tous été saisis par le Christ dès le jour de notre baptême. Comme Saint Paul sur le chemin de Damas.
L’Ancien et le Nouveau Testament, avant et depuis Jésus-Christ. Récit allégorique servant à présenter un enseignement et à en faciliter la compréhension.