
Chaque année, la liturgie du Carême trace un itinéraire en des étapes pédagogiques qui sont, ou devraient être, les étapes de notre progression spirituelle dans la lumière pascale.
Les Evangiles des deux premiers dimanches sont toujours consacrés, l’un à la Tentation, l’autre à la Transfiguration. L’humanité de Jésus, soumise comme la nôtre à la tentation est, sur le Thabor, la transparence fugitive de sa véritable personnalité humano-divine.
Par cette juxtaposition, l’Eglise nous incite à vivre ce temps dans la vie du Christ pour recevoir de lui, par sa croix et sa résurrection, la plénitude de notre être qui a été définitivement réalisée par la grâce et la lumière de notre baptême.
Les trois autres dimanches ont des insistances différentes selon les années du cycle liturgique. Les épîtres et les psaumes se rapprochent selon les dimanches, soit de la lecture de l’Ancien Testament, soit de la lecture de l’Evangile.
Par ces choix, l’Eglise veut initier les fidèles aux sacrements du salut.
Le Carême est, pour les catéchumènes, le temps de l’ultime préparation de la Nuit pascale où ils seront régénérés en Christ, et, pour les baptisés, celui de retrouver toutes neuves la force et la fraîcheur de leur baptême.
"Ne nous soumets pas à la tentation..." nous fait dire Jésus dans la prière à son Père. C’est le sens même de sa démarche dans le désert lorsque "rempli de l’Esprit-Saint, il quitta les bords du Jourdain et fut conduit par l’Esprit à travers le désert, où pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon." (Luc 4. 1)
Il nous faut relire le "Notre Père" au travers de ce temps de mise à l’épreuve où notre Seigneur est appelé à vivre et a vécu pleinement chacune des paroles de la prière dominicale.
Il a pris toute notre humanité, il l’a assumée jusqu’à l’épreuve."Ne saviez-vous pas que je me dois d’être aux "affaires" de mon Père ?"
A notre tour, l’épreuve nous permet de donner la preuve de la fiabilité de notre foi.
Le démon "s’éloignera jusqu’au moment fixé." (Luc 4. 13) La tentation frappera Jésus au temps de la Passion, mais la décision restera la même :" Mon Père, éloigne de moi cette coupe de douleur, si c’est possible. Mais non pas ma volonté propre, mais ce qui est ta volonté !" (Matthieu 26. 42 - Luc 22. 42)
La foi de tout individu doit être testée afin que ce qui constitue sa fondation soit exposé. La foi réelle expose la nature du Christ et suppose sa connaissance. C’est cette foi qui résiste aux difficultés sans succomber au mal. Le fils de l’homme est tenté pour révéler le fils de Dieu.