Méditation du Dimanche 21 Août 2011

L’Evangile de ce jour nous donne deux enseignements. D’abord, il nous invite à aller au cœur même de notre foi… La foi de l’Eglise que nous proclamons dans le « Je crois en Dieu » et qui résume, dans des formules, un ensemble de vérités auxquelles nous donnons notre adhésion. La réponse de Pierre à Jésus est un peu dans ce registre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ». Et Jésus d’ajouter : cette réponse ne vient pas de Pierre, mais elle lui est inspirée par le Père : « ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. » Autrement dit, ce qui est premier, ce qui est le fondement de notre foi, ce sur quoi elle doit s’appuyer, c’est d’abord et essentiellement la Parole de Dieu. Ensuite, dans le récit de Matthieu, Jésus confie à Pierre la responsabilité de la communauté, ce qui pose le problème de légitimité : « Tu es Pierre et sur celle pierre je bâtirai mon Eglise. » Il l’assure de son soutien pour conduire la barque, surmonter les tempêtes, ouvrir les portes de l’espérance. 
Si l’on regarde l’évangile selon l’apôtre Jean, nous voyons que la perspective est un peu différente : Jésus ne pose pas à Pierre ou aux autres disciples la question « pour vous, qui suis-je ? » Mais, s’adressant seulement à Simon Pierre, il lui dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? ». 
Reprise de Simon-Pierre : « Oui, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. » Et Jésus de dire : « Pais mes agneaux ». 
Trois fois - sûrement en souvenir du triple reniement – la même question de Jésus, la même réponse de Pierre, et en finale l’annonce de Jésus : « Sois le Pasteur de mes brebis ». En effet, le « Chef » de l’Eglise est avant tout le Pasteur qui, à l’exemple de Jésus, prend soin de toutes les brebis, soigne celle qui est blessée, part à la rencontre de celle qui s’est égarée… Il connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Il s’agit d’une connaissance par le cœur, une relation d’amour : « Pierre, m’aimes-tu ? » 
N’est-ce pas la vérité de notre foi ? Car cette relation d’amour avec Jésus le Christ ne peut que nous ouvrir aux autres, à son exemple, et nous entraîner dans sa mission de rassemblement. Comme le dit si bien le Père Charles Goubin, bâtir l’Eglise, ce n’est pas en faire une secte d’adorateurs, mais c’est créer des liens, là où nous vivons, pour que les hommes grandissent en humanité. L’Église catholique apostolique et romaine revendique une légitimité spécifique de la Parole de Jésus à l’apôtre Pierre, dans l’évangile de saint Matthieu : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux » (Mt 16, 15-19). Cette phrase est rappelée dans le premier message du pape Benoît XVI au terme de la concélébration eucharistique avec les cardinaux électeurs dans la chapelle Sixtine, le mercredi 20 avril 2005. Celui qui croit et confesse comme Pierre est le fondement de l’Église. L’Église catholique romaine est universelle parce que les enfants de Dieu de tous les pays et de tous les milieux en font partie (Ac 2, 47 ; 9, 31) et qu’elle comprend également tous les rachetés déjà recueillis auprès du Seigneur (Heb 12, 22-23) ; si elle est en un sens invisible, elle est en même temps visible, car elle est incarnée sur la terre dans les membres vivants et agissants des églises locales, dont le monde doit constater l’amour fraternel, remarquer les bonnes œuvres, et entendre le fidèle témoignage (Jn 17, 21 ; 1 Pi 2, 12 ; Ph 2, 15-16).

Théodore LOKO

Publié le 21 août 2011.

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