Méditation du Dimanche 2 Janvier 2011

L’Epiphanie du Seigneur est révélée par quatre miracles, ce qui lui a fait donner quatre noms différents : 1/ Jésus avait treize jours, lorsque, conduits par l’étoile, les Mages vinrent le trouver, d’où vient le nom de Epiphanie, epi, au-dessus, phanos, apparition, ou bien parce que l’étoile apparut d’en haut, ou bien parce que J.-C. lui-même a été montré aux Mages, comme le vrai Dieu, par une étoile vue dans les airs. 2/ Le même jour, après vingt-neuf ans révolus, alors qu’il atteignait trente ans, il fut baptisé dans le Jourdain, et de là vient le nom de Théophanie, de Theos, Dieu et phanos apparition, parce que en ce moment la Trinité se manifesta : le Père dans la voix qui se fit entendre, le (148) Fils dans la chair et le Saint-Esprit sous l’apparence d’une colombe. 3/ Le même jour, un an après, alors qu’il avait trente ou trente et un ans, il changea l’eau en vin : d’où vient le nom de Bethanie, de beth, maison, parce que, par un miracle opéré dans une maison, il apparut vrai Dieu. 4/ En ce même jour encore, un an après, comme il avait trente et un ou trente-deux ans et treize jours, il rassasia cinq mille hommes avec cinq pains. De là vient le nom de Phagiphanie de phagé manger, bouchée.

A propos de l’Epiphanie que nous célébrons ce jour, le Pape Benoit XVI nous dit : De célébration en célébration, la liturgie du temps de Noël lève le voile sur les différentes facettes d’un même mystère. Aujourd’hui, en la fête de l’Épiphanie, nous découvrons que le Sauveur vient pour tous les hommes. Le salut est offert à l’humanité entière, dans sa diversité : mystère du projet universel de Dieu qui a voulu que tous les hommes soient associés à la même promesse (deuxième lecture). Et il ne faudrait pas que cet aspect essentiel du mystère de la Rédemption soit perdu dans l’apparente naïveté de l’imagerie populaire. Il s’agit que tout homme se mette en marche vers la lumière en « proclamant les louanges du Seigneur » (première lecture), entrant dans une quête incessante du Christ. Nous n’avons pas d’étoile pour nous guider, nous avons la Parole. Nous avons à nous laisser guider par elle et à la proposer au monde : elle nous conduira, elle conduira le monde à Jésus. Contempler les mages qui se laissent mener et qui adorent, c’est laisser la Parole nous habiter, inspirer nos vies et nos pratiques, même si, comme les mages, nous ne la comprenons pas toujours. Héritiers des mages, nous avons à faire de nos vies et de l’Église une Épiphanie, signe du salut pour les hommes et invitation à reconnaître celui qui donne sens à nos itinéraires humains. Si le Christ partage notre humanité, c’est bien pour que l’homme partage sa divinité.

Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican

Publié le 31 décembre 2010.

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