Aujourd’hui dimanche, jour de l’An, le 8ème jour après la fête de la Nativité, l’Eglise nous invite à fêter Marie, Mère de Dieu et à prier pour la paix dans le monde.
Dans l’Evangile, la péricope choisie reprend, presque dans sa totalité, l’Évangile de la messe de l’aurore de Noël. Seul s’y ajoute le verset 21 qui mentionne la circoncision de l’enfant au huitième jour et l’imposition de nom de Jésus. Celle ci revêt aux yeux de l’évangéliste une importance non négligeable, elle accomplit en effet le précepte de l’ange à Marie (Luc 1,31).
En donnant son nom à l’enfant, ses parents expriment non seulement sa vocation, le rôle qu’il devra tenir, mais aussi son appartenance à un peuple ; le rite de circoncision, lui, consacre son appartenance à Dieu.
Le nom de Jésus « Yahvé sauve » le place d’emblée dans la lignée de ceux qui ont été les acteurs de l’histoire sainte pour Israël, les signes efficaces de la sollicitude de Dieu pour son peuple. Voici donc soulignée la nature de la personne et de la mission de l’enfant de Marie, dès le début du récit évangélique.
Nous voyons bien dans la deuxième lecture que Paul ne professe pas une philosophie de vie, il annonce un événement et ses conséquences : « Dieu a envoyé son Fils né d’une femme, sujet de la Loi pour faire de nous des fils. »
Marie méditait en son cœur ce qu’elle découvrait dans l’enfant et elle donna un nom à celui qui était né de sa chair. Elle contemplait le don de Dieu et, en même temps, elle consacrait son fils : en imposant son nom, elle orientait sa vie, lui donnait « un orient », une direction, un sens. L’enfant sera appelé « Jésus, Dieu Sauve ». En Marie c’est notre vocation que nous recevons : contemplant notre vie, celle que tissent nos labeurs, nos espérances, nos échecs, nos souffrances, nous lui donnons un nom : elle est une histoire sainte, consacrée.
Nous pouvons ainsi comprendre que célébrer Marie comme Mère de Dieu, c’est lui donner sa vraie place dans l’histoire du salut. Marie est le commencement d’un peuple nouveau qui reçoit son Sauveur et enfante Dieu pour aujourd’hui.
Cette foi en la maternité divine de Marie, ou plutôt notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu né de Marie, nous l’exprimons dans nos prières et nos credo.
« Alma Redemptoris Mater », cette ancienne hymne mariale : « Sainte Mère du Rédempteur, tu as enfanté, ô merveille, celui qui t’a créée ».
Dans la plus populaire des prières mariales « Ave Maria », nous invoquons « sainte Marie, Mère de Dieu ».
Dans le Credo de Nicée Constantinople, nous professons notre foi en « Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles [et qui], par l’Esprit Saint, a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ».
Enfin, dans le Symbole des Apôtres, nous proclamons notre foi en « Jésus-Christ, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ». L’affirmation de la maternité divine de Marie est essentielle car elle est la racine des trois dogmes concernant Marie : sa virginité perpétuelle, sa conception immaculée et son assomption.
Théodore LOKO