Doué d’intelligence et de conscience, l’homme qui n’est pas un animal, ne peut s’empêcher de se poser des questions fondamentales au sujet de son existence. Et en cela, l’histoire étrange, diverse, parfois bouleversante et dramatique de l’humanité ne peut que le troubler. Mais alors la question essentielle reste ce qui fait référence, ce à quoi on doit s’attacher pardessus tout, ce qui explique notre passion, nos combats, notre ardeur indéfectible.
La liturgie de ce jour nous donne la chance d’en savoir un peu plus.
Quand le chrétien affirme que Dieu est personnel, il veut dire que Dieu n’est pas seulement le fondement ultime des choses, pas seulement une énergie aveugle, un vide ou un néant. Dans l’infini cosmique qu’il aperçoit dans les profondeurs de son être, il découvre un cœur, un centre personnel.
Aussi est il que le chrétien fonde sa foi sur un Dieu créateur de l’univers visible et invisible qui, pour sauver le monde du péché, a envoyé son fils unique Jésus Christ. Ce fils unique qui est Seigneur du Royaume des cieux, agit sur le peuple de Dieu par l’Esprit Saint. En outre, l’homme a été créé à l’image de Dieu (Genèse 1,26-29), a été constitué seigneur de toutes les créatures terrestres et a reçu mission de soumettre la terre et de gouverner le monde. Ce qui suppose la maîtrise de la science et donc un apprentissage permanent.
Dans ces conditions, en tant que chrétien, je n’accomplirai pas ma mission dans la société, je ne serai pas un membre vrai du Corps du Christ, si je me désintéresse du sort de ce monde et ne cherche pas à m’y situer. M’y situer, c’est d’abord me connaître, c’est connaître mes qualités, mes aptitudes, ce qui m’a été donné pour vivre et faire vivre les autres. Ainsi, dans l’action de grâces, je mesurerai mes possibilités et mes limites.
Je dois surtout prendre conscience de mes possibilités et de mes appels afin de savoir ce qu’il m’est demandé et donné de pouvoir faire là ou je suis. Je dois me rendre compte de ceci : mes possibilités sont normalement beaucoup plus grandes que je ne le soupçonne.
Mais je dois découvrir mes vraies possibilités. Certains se trompent et se croient doués pour des choses qu’ils abîment. D’autres croient rendre service en se servant eux-mêmes : il s’agit des consommateurs qui ne cherchent que l’argent, le pouvoir ou les honneurs.
Frère Théodore LOKO