Qu’il vienne le Seigneur !
L’Evangile de ce jour retrace l’origine de Jésus. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : << Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : << le Seigneur sauve >>), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva pour que s’accomplisse la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra et mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : << Dieu avec nous.>> Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Nous connaissons bien l’annonciation de l’ange Gabriel à la Vierge Marie. Marie dit « oui » au Seigneur, mais étant enceinte sans avoir vécu avec son futur mari, elle risque la lapidation. C’est pourquoi « Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. » Pour que la promesse s’accomplisse, il a donc fallu deux « oui » d’une femme et d’un homme libres tous les deux. Le dessein de Dieu est suspendu à l’acceptation, au bon vouloir de Marie et de Joseph. Comme Marie, sans poser de questions, en toute confiance, Joseph dit « oui » tout simplement, abandonné à la volonté du Seigneur. Entrer profondément dans le désir de Dieu n’est pas chose facile. Le portrait de Jonas, tel que la Bible nous le présente, ne serait-il pas tout simplement celui d’un croyant qui n’est pas à l’aise dans sa foi ? La foi authentique construit et unifie le croyant, alors que les contradictions d’une foi mal acceptée et mal vécue, blessent l’homme qui est alors en guerre contre Dieu et contre lui-même. Alors pour arriver à la paix avec Dieu et avec nous-mêmes, nous sommes invités à accepter tout simplement le réel, notre vie telle qu’elle est, avec ses souffrances et ses joies, notre état de santé, notre situation, à recevoir ceux qui nous sont donnés, enfants, parents, amis, voisins, collègues, tels qu’ils sont et non pas tels que nous les rêvons. Ils nous sont donnés comme des cadeaux. Evitons de faire en sorte que Dieu échoue en nous.
Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican