Comme durant tout le temps pascal de cette année, la deuxième lecture est empruntée au livre de "l’Apocalypse" dont le titre n’est autre que le premier mot de ce livre qui clôt la révélation du Nouveau Testament. Il ne signifie pas "catastrophe", selon l’expression usuelle quand on parle d’une inondation, d’un krach boursier ou d’une explosion nucléaire.
Le terme grec, volontairement employé par l’auteur, veut dire "révélation". Ce qui était « couvert » est découvert, ce qui était caché devient manifeste. Selon une autre expression grecque toute proche :"le crypté" est percée à jour. Les mots qui suivent l’indiquent d’ailleurs "Apocalypse de Jésus-Christ." Si le langage courant a « dévoyé » ce message parce que la révélation du Christ porte essentiellement sur la victoire du Ressuscité, aujourd’hui encore attaqué par les forces du mal et dont le triomphe ultime s’accompagnera de la disparition du vieux monde, tout entaché de péché.
S’il y a catastrophe, c’est pour le mal et non pas pour le bien suprême que Dieu nous apporte en Jésus-Christ. Cette disparition est parfois violente, car le mal s’acharne et s’agrippe. Ainsi, au moment de la Pâque du Seigneur et pour contraindre Pharaon de laisser partir le peuple d’Israël vers la liberté, il fallut dix plaies. Pour l’Apocalypse, il s’agit de dire par quels tourments passera le monde avant que s’instaure la Jérusalem céleste, le royaume même de la liberté.
Avec le texte des Actes et l’Évangile on peut chercher à déterminer quelle est la condition fondamentale du disciple : le disciple est un envoyé, il est témoin de la Bonne nouvelle, il prolonge le ministère de Jésus par l’amour et le service.
En outre, la liturgie de ce jour nous permet de développer le thème de la proximité du Seigneur. Nous connaissons des « nuits » longues et pénibles, le travail pesant et sans résultat. Mais le Seigneur se tient là, sur le rivage. Ouvrons les yeux, recevons ses instructions. Il agit en ami, avec bonté, avec générosité, tout comme à Cana au début.
La mission du chrétien s’enracine dans une relation personnelle de confiance avec le Seigneur. C’est le sens du dialogue de Jésus et Pierre : « M’aimes-tu ? »
La mission n’est pas de l’ordre d’un activisme, d’un contrat mais d’un rayonnement et d’une émanation. Paul utilisera des termes comme ambassadeur, bonne odeur du Christ, temples de l’Esprit.
Frère Théodore LOKO