
Après la vocation de Jésus, à son baptême, nous voyons dans la liturgie de ce jour celle des premiers disciples. Nous lisons le récit de leur appel aujourd’hui en Saint Jean, et dimanche prochain, en Saint Marc.
Jean Baptiste a identifié le Christ : “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.” Comme le quatrième évangile ne fut rédigé que longtemps après la résurrection, les lecteurs connaissaient bien ce titre qui fait le pont entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Lors de la première Pâque, au temps de Moïse, un agneau fut immolé pour que les premiers-nés d’Israël aient la vie sauve. Plus tard, Isaïe annonça l’oeuvre d’un Serviteur de Dieu qui porte le péché du monde et “qui n’ouvre pas la bouche, pareil à un agneau conduit à la boucherie.”
Le Maître à qui s’attachent aujourd’hui quelques disciples de Jean sera donc un Serviteur souffrant, humilié et rejeté, mais aussi un Serviteur combattant et vainqueur qui obtiendra la vraie vie et la liberté pour tout le peuple.
En Saint Jean, le témoignage de Jean Baptiste est déterminant dans l’appel des premiers disciples, car en leur désignant le Sauveur du monde, le prophète du désert oriente vers lui ses propres disciples. Jésus se retourne et leur pose une question. C’est la première phrase du Messie dans le quatrième évangile : “Que cherchez-vous ?” La question s’adresse aux disciples de tous les temps : il est impossible de trouver un sens à sa propre vie si on ne le cherche pas vraiment.
À cette question de Jésus, les deux premiers disciples répondent par une autre question : “Rabbi, où demeures-tu ?” C’est aussi la question que les disciples de tous les temps devront sans cesse poser. Reconnaître Jésus comme le Maître, le chercher, faire route avec lui et demeurer auprès de lui sont autant d’attitudes fondamentales pour toutes les générations de disciples.
Car la vocation d’aujourd’hui est universelle. Comme dans l’épisode des disciples d’Emmaüs, en Saint Luc, le disciple non identifié représente le parfait disciple, l’être nouveau que toute personne est appelée à devenir dans la foi, à la lecture des témoignages rapportés par l’Évangile selon Saint Jean.
En effet, André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. (Nous ne connaissons pas le second. Nous le sommes peut être). Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ). André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).
Dieu a mille façons d’appeler à travailler à son œuvre de salut et nous avons des manières fort diverses de répondre à son appel. Cherchons-nous suffisamment les médiations dont Dieu se sert ? Sommes-nous de vrais témoins pour faire découvrir à nos contemporains le Christ et la joie de le suivre, de rester en sa présence.
Dieu se penche sans cesse avec amour sur son serviteur, sur son humble servante et lentement, lui ouvre les oreilles du cœur. Aucune de ses paroles ne demeure sans effet : chacune d’elles sauve l’homme. Dieu nous appelle… « Venez et vous verrez ! »
Théodore C. LOKO