Méditation du Dimanche 14 Février 2010

’Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un mortel... Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur...’’ La lecture de cette malédiction et de cette bénédiction de Jérémie dans la première lecture permet de mieux percevoir la distance entre elles et les Béatitudes de Jésus (Voir l’Evangile du jour). Maudit soi... et Béni soit... demeurent des souhaits, même si dans la Bible on leur attribue beaucoup plus de force que dans notre culture moderne. Ils demeurent une tentative de modifier l’avenir en fonction du bien ou du mal perçu dans le présent. Mais les Béatitudes, au contraire, sont la révélation du bonheur déjà présent en germe dans la détresse à cause de la proximité du Royaume. Mais comment sauter de joie quand ça va mal ? Et surtout, pourquoi ? D’où nous viendrait ce mystérieux élan de bonheur ?
En bon maître juif, Jésus répondrait sans hésiter : « De la foi en Dieu ». Le Seigneur est la véritable source de bonheur, d’un bonheur qui dure et qui tient bon malgré les mauvais jours.
Jésus déclare que Dieu tient à cœur le bonheur des humains, particulièrement celui de ceux et celles qui sont les plus mal pris. Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous ! Ceux qui n’ont rien hériteront de tout ; ceux qui ont faim seront rassasiés ; ceux qui pleurent riront à gorge déployée. Le renversement du sort des malheureux peut s’effectuer dès leur vivant ou bien attendre dans l’au-delà : la foi au Dieu des vivants enlève la frontière de la mort comme horizon limite à la réalisation du Règne de Dieu. Mais il ne s’agit pas de se moquer de la souffrance humaine sur terre en renvoyant le bonheur au ciel. Jésus annonce que le bonheur est possible dès ici-bas sur terre parce que Dieu nous aime depuis le ciel. Et ce bonheur est aussi l’œuvre de tout chrétien (collaborateur de Dieu) que Dieu côtoie chaque jour à travers le prochain.
Jésus a été le premier à vivre les Béatitudes :
« Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes... Il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a exalté, et lui a donné le Nom. » (Ph. 2,6s)
Pour ce qui est de la source de ce mystérieux élan de bonheur, Paul l’indique bien. Toute la foi de Paul repose sur sa rencontre du Christ ressuscité. Dans l’extrait que nous lisons aujourd’hui (deuxième lecture) et qui suit immédiatement cette profession de foi, il en tire quelques conséquences. Le Christ ressuscité, le Christ vivant, le Christ présent est le roc sur lequel s’appuie la foi de tous les chrétiens.

Frère Théodore LOKO

Publié le 14 février 2010.

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