Méditation du Dimanche 13 Décembre 2009

Le peuple crut que Jean était le Messie attendu, mais Jean se hâta de dissiper toute ambiguïté. Il proclame qu’il n’est pas le Christ, bien plus, il ajoute qu’il n’est pas digne de dénouer la courroie de sa sandale. Il annonce même que le Baptême qui sera donné par Jésus sera bien supérieur au Baptême de Pénitence qu’il donne lui-même parce que Jésus baptisera dans l’Esprit et le feu. Les foules comprennent que Jean est un Prophète qui annonce la venue prochaine du Messie. Ils accourent vers lui pour savoir comment se préparer dignement à recevoir le Messie attendu depuis si longtemps. Jean proclame les grandes lois du bonheur sur la terre et la paix intérieure, condition essentielle et indispensable du vrai bonheur.

En réalité, Dieu nous a faits libres mais nous ne savons pas utiliser notre précieuse liberté comme Dieu le veut. Dans son discours au corps diplomatique le 27 septembre 2009 à Prague lors de sa visite pastorale en République tchèque qui coïncide avec le 20e anniversaire de la chute des régimes totalitaires de l’Europe centrale et de l’Est et de la « Révolution de velours » qui a restauré la démocratie dans ce pays, le Saint Père a mis l’accent sur le juste usage de la liberté.

Selon lui, les aspirations des citoyens et les attentes placées dans les gouvernements appellent de nouveaux modèles de vie citoyenne et de solidarité entre les nations et les peuples sans lesquels l’avenir si longtemps désiré de justice, de paix et de prospérité restera illusoire. Ces aspirations continuent à évoluer. Aujourd’hui, tout particulièrement chez les jeunes, la question de la nature de la liberté qui a été gagnée refait surface également. Chaque génération a le devoir de s’engager à nouveau dans la difficile tâche d’ordonner de façon juste les affaires humaines, cherchant à comprendre le juste usage de la liberté humaine (cf. Spe Salvi, n.25). Alors que le devoir de renforcer « les structures de liberté » s’avère vital, ce n’est pourtant pas suffisant : les aspirations humaines s’élèvent au-delà du quant-à-soi, au-delà de ce qu’aucune autorité politique ou économique peut offrir, vers une espérance rayonnante (cf. ibid., n.35) qui a son origine au-delà de nous-mêmes même si nous la rencontrons en nous, en tant que vérité, beauté et bonté. La liberté est en quête d’un but : cela requiert une conviction. La vraie liberté présuppose la recherche de la vérité - du vrai bien - et, de là, trouve précisément son accomplissement en connaissant et en faisant ce qui est opportun et juste. Aristote définit le bien comme « ce vers quoi toute chose tend » et il poursuit en suggérant que « s’il est bon qu’un seul homme atteigne sa fin, il est plus excellent et plus divin que l’atteigne une nation ou les États-cités » (Éthique à Nicomaque, 1 ; cf. Caritas in Veritate, n. 2). En effet, la haute responsabilité d’éveiller la réceptivité à la vérité et à la bonté incombe à tous les responsables - religieux, politique et culturel, chacun dans son domaine. Conjointement, nous devons nous engager dans la lutte pour la liberté et la recherche de la vérité, qui soit vont ensemble main dans la main, soit périssent ensemble misérablement (cf. Fides et Ratio, n. 90).

Frère Théodore LOKO

Publié le 13 décembre 2009.

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