1re lecture : Si 5, 1-8 ; Mc 9, 41-50
Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, je nous propose en ce jour une relecture intégrale et une méditation de la première lecture pour sa mine
« Ne te sens pas fort de ta richesse, ne pense pas : “Je me suffis à moi-même !” Ne te laisse pas emporter par la violence où le désir de posséder : ils feraient de toi leur esclave. Ne dis pas : “On ne m’arrêtera pas !” Le Seigneur saura bien te punir. Ne dis pas : “J’ai péché et rien ne m’est arrivé !” : le Seigneur a tout son temps. Ne sois pas trop sûr du pardon quand tu accumules les péchés. Ne dis pas : “La miséricorde du Seigneur est grande, il pardonnera mes péchés, si nombreux soient-ils !” Car il y a chez lui miséricorde et réprobation ; sa colère s’abat sur les pécheurs. Ne tarde pas à revenir au Seigneur, ne recule pas de jour en jour ; viendra le jour du règlement de comptes, la colère du Seigneur s’enflammera soudain et tu périras. Ne compte pas sur des richesses mal acquises, elles ne te serviront de rien au jour du malheur. »
C’est aussi dans cette logique que saint Marc nous nourrit dans l’évangile de ce jour. Pour commencer, le Seigneur évoque les personnes qui offriront un verre d’eau à ses disciples, au nom de leur appartenance au Christ. Cette coupe d’eau est le signe de bienvenue convenu dans les maisons où l’on accueille, dans la simplicité, les disciples du Seigneur. Elle est le geste de l’hospitalité fraternelle. L’évangile s’ouvre donc dans un contexte sinon communautaire, en tous cas fraternel, et heureux.
Viennent ensuite des prescriptions négatives. Elles concernent d’abord ceux qui s’attaqueraient à « un seul de ces petits qui croient » en Jésus, puis elles interpellent chacun de ceux qui suivent le Seigneur. Ils doivent avoir le sens des enjeux que représentent la vie éternelle et ainsi se montrer prêts à renoncer à une main, à un pied ou à un œil pour éviter de se perdre tout entier.
Mais gardons bien la perception du contexte. Jésus ne vise pas seulement les comportements individuels en eux-mêmes, cherchant à les corriger. En commençant son énumération par le rapport aux petits et en le terminant par un appel à vivre en paix entre frères, « vivez en paix entre vous », Jésus montre que son intention vise la vie communautaire dans son ensemble. La communauté chrétienne est un corps dont chacun des membres doit participer à la bonne santé spirituelle ; chacun est responsable du bien de tous. La communauté est le lieu où s’épanouissent les petits que chérit le Seigneur, elle doit donc être protégée.
Seigneur Jésus, donne-nous de mesurer la grandeur de ce que tu nous donnes à vivre. Ainsi, acceptant d’être unis à toi sur la Croix, nous édifierons avec toi l’unité de ton Corps qui est l’Église. Merci de nous associer à cette œuvre de réconciliation ; elle produira en nous le sel qui donne son goût à la vie et qui permet de vivre dans la paix que partagent des frères.
Père Janvier AZONHAHIN