Méditation du 19 octobre 2009

Lundi 29e semaine/ord. Rm 4,20-25 ; Lc 12,13-21.

Il importe de rappeler l’espoir des juifs qui attendaient un Messie libérateur du joug romain, un Messie qui remettra de l’ordre dans la pratique de la justice sociale. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la demande de l’homme du milieu de la foule : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »Même si Jésus reconnaît que le sens de la propriété est inscrit dans la nature de l’homme, il refuse de trancher le cas d’héritage qui lui a été présenté. Car ce qui devrait être naturel chez l’homme devient un souci prépondérant, une course à l’avoir, une idolâtrie. Ce n’est pas d’une guérison qu’il s’agit ni d’une vie à aider, mais du matériel à sauvegarder. Jésus n’est pas venu pour cela. Il y a des lois à cet effet. Jésus est venu apporter la vie et non la sécurité des propriétés. Vivre et être en sécurité sont deux choses opposées. Le fermier était fou d’avoir mis son avenir dans les biens périssables, au lieu de tendre vers les réalités d’en haut. Il voulait amasser pour son bien-être : l’assurance-vie ! Mais dans cette assurance, il est seul. Ni Dieu ni les autres ne comptent. Sa nourriture et son repos lui sont assurés. Si le Christ est tout en tous, nous ne pouvons pas vivre en indifférents. Repose-toi et mange, si tes voisins ont à manger. Et repose-toi si tu as fait le possible pour que la justice règne dans ton monde et dans les structures. Et repose-toi si c’est par toi-même que tu as commencé ce changement, qui s’appelle « conversion ». Alors en raison de cela, Dieu estimera que tu es juste.

Abbé Marc DOSSOU

Publié le 19 octobre 2009.

Repères