Méditation du 13 Septembre 2009

La première lecture commence par le paragraphe 5 mais c’est le paragraphe 4 qui permet de mieux la comprendre.
Le paragraphe 4 dit en effet ceci : « Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire. » Comme on le voit, l’homme qui parle ici est nourri de la Parole de Dieu. Et c’est d’ailleurs elle qui lui donne la force d’affronter la persécution.
Les prophètes, les uns après les autres, redisent « Ecoute, Israël » ou bien « Aujourd’hui écouterez-vous la Parole de Dieu... ? » et dans leur bouche, le mot « Ecoutez » veut toujours dire « faites confiance à Dieu quoi qu’il arrive » . Et Saint Paul dira pourquoi : parce que « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qu’il aime ». De tout mal, de toute difficulté, de toute épreuve, il fait surgir du bien ; à toute haine, il nous donne la force d’opposer un amour plus fort encore ; dans toute persécution, il donne la force du pardon ; de toute mort il fait surgir la vie, la résurrection. Le mal reste un mal, mais du mal, Dieu fait naître du bien.
L’Evangile nous montre que le meilleur exemple en cette matière est celui que Jésus lui-même nous donne en acceptant de mourir sur la croix, par amour pour nous.
Jésus est résolu à « écouter » son Père, à se laisser instruire, et à accomplir jusqu’au bout sa mission, quitte à subir les outrages, les crachats, les coups : « Je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. »
En effet, le plan de salut de Dieu ne s’accommode pas d’un Messie triomphant : pour que les hommes « parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4), il faut qu’ils découvrent le Dieu de tendresse et de pardon, de miséricorde et de pitié ; cela ne se pourra pas dans des actes de puissance mais dans le don suprême de la vie du Fils : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13). Et il invite à sa suite tous ses disciples de tous les temps ; Marc note que Jésus, alors, a appelé la foule et poursuivi son enseignement sur les exigences de l’évangélisation : « Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile la sauvera. »

Théodore LOKO

Publié le 13 septembre 2009.

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